Parution: avril 1999

Pascal Renaud : un membre apprécié de notre comité de l'informatique


L'autoroute de l'information et la technologie informatique vous font peur? Vous devriez alors avoir une bonne conversation avec Pascal Renaud, étudiant en médecine à l'Université de Montréal. Membre du comité de l'informatique de l'AMLFC et cofondateur du groupe Cybermédic à la faculté de médecine de l'Université de Montréal, M. Renaud a compris depuis belle lurette que l'informatique a de nombreux avantages pour les médecins, et il s'est allié à l'AMLFC afin de répandre la "bonne nouvelle informatique".

"J'aime la vision de l'AMLFC et ses projets, déclare-t-il. C'est une visite des représentants de l'AMLFC à l'université qui m'a donné envie d'adhérer à l'Association; les services sont très intéressants et j'apprécie particulièrement La Lettre Médicale. J'ai ensuite décidé de collaborer au comité de l'informatique."

On se souviendra qu'en 1998, ce comité a mis sur pied des ateliers d'initiation à Internet qui ont connu un succès très vif. Des étudiants membres de Cybermédic étaient sur place pour guider les participants. "C'était très agréable de voir tous ces médecins intéressés à s'initier à Internet, se souvient M. Renaud. Ces ateliers ont été tellement appréciés que nous avons décidé d'en offrir davantage en 1999, et dans un cadre plus convivial, soit le Café électronique. Le comité travaille aussi en permanence à l'amélioration de la page Web de l'AMLFC."


M. Pascal Renaud

Il est manifeste que M. Renaud n'est pas peu fier d'avoir contribué à "convertir" certains de nos membres aux plaisirs de l'informatique. Car si la tendance est déjà bien implantée dans le milieu des jeunes, il reste cependant que certains, plus âgés, sont davantage récalcitrants. "Mais attention, nuance-t-il, tous ne réagissent pas de la même façon. Je connais des médecins bien plus âgés que moi qui sont passionnés d'informatique. Parfois, ils ont commencé à s'y intéresser en jouant avec leurs enfants ou en préparant leur facturation médicale. Ceux qui ne veulent pas toucher à un ordinateur disent souvent qu'ils n'ont pas le temps d'apprendre à s'en servir ou encore tout simplement que cela les dépasse. Mais quand ils s'y mettent, ils s'aperçoivent que ce n'est pas si compliqué."

Quant à lui, M. Renaud est convaincu que l'informatique est là pour rester et que l'on s'en servira de plus en plus au travail et à la maison. D'ailleurs, la population en général est de plus en plus "branchée" à Internet. Les gens y puisent entre autres des informations sur la santé. "Je trouve vraiment très bien que les patients puissent accéder à de l'information sérieuse et bien documentée, apprécie M. Renaud. Cela leur permet de prendre des décisions plus éclairées quant à leur santé. Plusieurs organismes et groupes d'entraide reconnus voués à la santé ont des sites très intéressants qui peuvent en aider plus d'un. Par contre, il faut être conscient que l'information véhiculée sur Internet n'est pas toujours de qualité; on ne sait pas toujours qui a écrit quoi ni si ces propos sont véridiques. Quant aux sites où l'on peut obtenir un "diagnostic" en indiquant ses symptômes, je ne leur fais pas vraiment confiance. Bref, même si je crois que les gens ont tout à gagner en multipliant leurs sources d'information, il reste qu'on doit leur conseiller la prudence et leur rappeler qu'aucun site Internet ne peut remplacer une consultation médicale en règle et une relation patient-médecin réussie."

Pour les gens de la génération de M. Renaud, l'informatique a souvent d'abord été un jeu. C'est avec Atari, Nintendo et Sega que Pascal Renaud a apprivoisé tout naturellement les consoles qui semblent encore aujourd'hui bien mystérieuses pour nombre de ses aînés. Aujourd'hui étudiant, M. Renaud continue à apprécier le monde des ordinateurs, qu'il juge très utile dans sa formation. "Le multimédia représente une façon extraordinaire d'étudier et de s'informer, dit-il. Pensons seulement aux logiciels de cardiologie; auparavant, un professeur pouvait toujours expliquer à ses étudiants qu'un souffle au coeur a environ la même sonorité que celle de cheveux que l'on frotte ensemble. Maintenant, grâce à l'informatique, on peut entendre le vrai son d'un souffle au coeur, et ce, de manière très réaliste. C'est quand même un grand progrès.

À l'Université de Montréal, on dispose d'une banque de logiciels disponibles pour les étudiants en médecine, initiative certainement appréciée puisque ces logiciels sont souvent coûteux. Le groupe Cybermédic est aussi présent pour promouvoir la cause de l'informatique médicale chez les étudiants. Monsieur Renaud a fait partie de Cybermédic dès ses débuts, il y a quelques années. Après en avoir été le trésorier puis le président, il a maintenant réduit ses activités puisque ses stages l'obligent à être moins souvent présent à l'université. Il n'en continue pas moins de suivre les activités du groupe. "Cybermédic est là pour favoriser l'utilisation de l'informatique, résume-t-il. Nous faisons de la formation, nous évaluons de nouveaux logiciels, puis rapportons nos conclusions dans le journal étudiant, nous parlons aussi d'Internet, etc."

En ce moment, M. Renaud en est à deux ans et demi avant la fin de sa formation en médecine. Sa conjointe et lui ont tous deux choisi la médecine familiale pour goûter à une pratique variée qui les mènera peut-être vers une région comme la Gaspésie, ou alors dans la région de Québec, d'où il est originaire. "La médecine offre tellement de possibilités! s'enthousiasme-t-il. Apprendre à aider les gens, apprendre comment le corps fonctionne, c'est tout un défi. J'ai le projet de devenir médecin depuis que je suis allé à l'école secondaire. À Saint-Jean-Chrysostome, d'où je viens, il y avait un médecin de famille qui habitait en face de chez mes parents. Ce médecin, le Dr Denis Boucher, m'a certainement servi de modèle."

Inquiet face à l'avenir, Pascal Renaud? Manifestement pas. Même s'il affirme qu'il est bien conscient que la population vieillit et que les médecins de famille auront une clientèle de plus en plus lourde, il déclare aussi ne pas être effrayé par le travail qui l'attend. "Il y aura des spécialistes pour nous aider, espère-t-il, et ce sera aussi à nous, les médecins de famille, de ne pas négliger de prendre le temps qu'il faudra pour parfaire nos connaissances et maintenir notre compétence à soigner notre clientèle. Moi, j'ai vraiment hâte de pratiquer et de rencontrer beaucoup de patients. C'est un peu pour cela que j'aimerais bien commencer ma carrière dans un endroit comme la Gaspésie où je pourrai prendre de l'expérience et travailler de façon plus autonome que dans un grand centre." Il faut dire que l'autonomie, Pascal Renaud y a déjà goûté avec la méthode d'apprentissage par problèmes (APP) à l'Université de Montréal. Il s'en déclare ravi. Il est très satisfait que cet enseignement ait favorisé en lui la capacité de raisonner et l'ait mis rapidement en contact avec des manuels spécialisés plutôt qu'avec des recueils de notes de cours.

Quant au temps à consacrer à sa vie personnelle - parfois rare quand on est médecin -, M. Renaud espère bien qu'il saura éviter les écueils du travail qui envahit tout. Sa compagne et lui aimeraient conserver du temps pour eux, pour leurs loisirs et pour leur famille quand ils auront des enfants. En ce sens, ils songent à une pratique globale qui regrouperait la pratique à l'hôpital, au bureau et au CLSC.

Dans moins de trois ans, nous aurons un nouveau confrère fraîchement formé et sûrement encore plein d'enthousiasme. En attendant, l'AMLFC est heureuse de profiter de l'expertise d'un jeune homme qui est d'un apport précieux pour son comité de l'informatique.]