| Le Dr Victor Goldbloom |
Parution: août 2000
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Un Canadien et un Québécois émérite |
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Homme d'engagement, le Dr Victor Goldbloom a manifesté une volonté indéfectible de servir ses concitoyens. En même temps, il est un citoyen du monde qui a représenté dignement ses compatriotes sur la scène internationale. Il est aussi un grand ami de la francophonie. Il souhaite que la langue française conserve ses titres de noblesse et la place enviable qu'elle occupe dans le monde. |
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Le Dr Victor Goldbloom
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Le Dr Goldbloom a été reçu officier de l'Ordre du Canada en reconnaissance de sa contribution dans le domaine du dialogue interconfessionnel et de son engagement envers son pays et ses concitoyens. Il a été reçu plus tard officier de l'Ordre national du Québec en reconnaissance de son immense contribution comme médecin, citoyen du Québec et grand humaniste. En mai 1987, il a été récipiendaire également de la médaille René-Cassin de l'Alliance israélite universelle. En octobre 1989, il recevait la médaille Samuel-Bronfman, le prix le plus prestigieux des Services communautaires juifs de Montréal. En 1980, le gouvernement du Canada lui décernait un prix en relations interethniques.
Il a reçu cinq doctorats honorifiques. À l'Université d'Ottawa et à l'Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse, on a voulu souligner le travail immense qu'il avait accompli comme commissaire aux langues officielles. À l'Université de Toronto, à l'Université McGill et à l'Université Concordia, on a voulu souligner sa contribution générale et son engagement envers ses concitoyens.
Il a été membre fondateur du conseil d'administration du Musée des religions à Nicolet, de la Fondation Jules et Paul-Émile Léger, de la Fondation Jean-Lesage et du Conseil canadien pour le commerce autochtone. Le Dr Goldbloom avait représenté le gouvernement du Québec aux cérémonies d'ouverture du centre mis sur pied par le Cardinal Paul-Émile Léger pour les enfants handicapés de Yaoundé, au Cameroun, en 1972. Quand le Cardinal Léger est revenu au Canada, il a décidé de regrouper ce que l'on appelait "le Cardinal Léger et ses oeuvres" sous le parapluie de la Fondation Jules et Paul-Émile Léger. Cette fondation a été créée en 1981 par une loi du Parlement du Canada. Les premiers directeurs ont alors été nommés. Le Cardinal a demandé au Dr Victor Goldbloom d'être l'un des premiers directeurs de la Fondation, et il y siège depuis tout ce temps. En mai de l'an dernier, ses collègues l'ont choisi comme président de la Fondation.
Médecin engagé envers sa profession, le Dr Goldbloom a tenu à poursuivre activement sa pratique médicale, malgré une carrière politique exigeante. Il a donc continué à pratiquer la pédiatrie pendant toutes ces années où il a été député et ministre, à l'instar du Dr Alphonse Couturier qui était ministre de la Santé au sein du gouvernement Lesage qui retournait chaque fin de semaine à Rivière-du-Loup exercer sa profession. Les activités médicales du Dr Goldbloom ayant lieu à Montréal et ses activités politiques à Québec, il a choisi de ne pas avoir de nouveau-nés parmi sa clientèle et de se consacrer aux enfants plus âgés et aux adolescents. Il travaillait sept jours par semaine. Ce n'est qu'en 1980-81, après avoir quitté l'Assemblée nationale, que le Dr Goldbloom a fermé son bureau. Mais il a continué à s'intéresser à la chose médicale. Il a siégé à divers comités de l'Association médicale canadienne dans le domaine de l'environnement. Il a travaillé sur un rapport produit par la Société canadienne de pédiatrie sur les garderies et l'éducation préscolaire; il a été chargé du chapitre sur l'environnement. Il continue d'être actif dans le secteur de la médecine sans pour autant exercer comme médecin. Il avait siégé pendant plusieurs années à la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux de Montréal-Centre et l'an dernier, on l'a invité à y revenir pour compléter le mandat d'un membre démissionnaire. Il y siège donc comme membre du conseil d'administration.
Entre le journalisme et la médecine...
Quand le Dr Goldbloom est arrivé à l'Université McGill en 1939, ses intérêts étaient diversifiés. Peut-être aurait-il pu être attiré par le journalisme, mais le contexte des études était compliqué puisque nous étions en période de guerre. Il lui a alors été proposé de passer de la faculté des arts et sciences à la faculté de médecine et de s'inscrire à un programme qui permettait à quelques personnes qui avaient de bonnes notes de terminer plus rapidement leurs études. À cause de la guerre, on voulait former de nouveaux médecins pour les Forces armées. Le Dr Goldbloom a complété son cours de médecine en trois ans, de 1942 à 1945. Il s'est enrôlé dans le corps médical des Forces armées à la fin de sa deuxième année de médecine, en 1944, et dès lors - en plus de ses études -, il s'est soumis à un entraînement hebdomadaire. Au printemps 1946, alors qu'il poursuivait des études spécialisées en pédiatrie, à l'instar de nombreux collègues, il est revenu à la vie civile.
C'est la médecine de laboratoire qui a attiré le Dr Goldbloom au départ. Il avait travaillé durant l'été comme technicien de laboratoire à l'Hôpital de Montréal pour enfants dans le domaine de l'hématologie et on lui avait suggéré de poursuivre au préalable une formation clinique. C'est ainsi qu'il a opté pour une spécialisation en pédiatrie. Il a débuté cette formation à l'Hôpital de Montréal pour enfants. Il a poursuivi ensuite sa spécialisation pendant un an et demi à New York, au Babies Hospital, formation qu'il est revenu compléter à l'Hôpital de Montréal pour enfants. Le père du Dr Goldbloom avait lui-même séjourné, en 1919-20, au Babies Hospital, un des plus grands hôpitaux pédiatriques en Amérique du Nord. On y faisait de la recherche de pointe et les activités étaient orientées vers la recherche clinique surtout. "J'ai été très heureux de recevoir cette formation, dit le Dr Goldbloom, mais j'étais heureux aussi de revenir dans une institution où la médecine clinique était prioritaire."
Le père du Dr Goldbloom, qui était lui-même pédiatre, a été pour son fils un modèle et un exemple à suivre. Des médecins, il en venait souvent à la maison. Outre les relations professionnelles et sociales de son père, certains de ses oncles étaient également médecins. Le Dr Goldbloom a commencé sa vie professionnelle dans le bureau de son père Après quelques années, alors que son père ralentissait ses activités, celui-ci lui a cédé le grand bureau pour emménager dans un plus petit. Le Dr Goldbloom a poursuivi sa carrière en solo à temps complet jusqu'en 1966, c'est-à-dire pendant seize ans. Au cours de ces années, il fut successivement président du comité sur l'économie médicale de l'Association des pédiatres de la province de Québec, de l'Association médicale du Québec et de l'Association médicale canadienne.
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Le Dr Victor Goldbloom
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Au Collège des médecins du Québec
Une loi des hôpitaux devait être adoptée afin de préserver la qualité des soins et la sécurité des patients. Le Collège était tout à fait d'accord avec l'adoption d'une telle loi. La réglementation devait suivre afin de préciser la loi. Le Collège s'est présenté devant une commission parlementaire à Québec pour faire valoir que la rédaction des règlements ne devait pas être réalisée par des fonctionnaires, qu'il fallait que des professionnels de la santé s'en occupent, des médecins notamment et des administrateurs d'hôpitaux. Après maintes péripéties, le projet a finalement été déposé à Québec et, au grand dam des représentants du Collège, a été rejeté. Le Dr Goldbloom s'est dit alors : "Je suis à une croisée des chemins. Je dois me rendre à l'évidence. Je ne me trouve pas au niveau où se prennent les vraies décisions. J'ai deux choix : retourner à l'exercice de la pédiatrie à temps complet et oublier toute responsabilité publique ou parapublique, ou bien chercher à accéder au niveau où se prennent les décisions." Sur les conseils de quelques personnes, dont un ancien journaliste qui était devenu un très bon ami, il a tâté le terrain afin d'explorer la possibilité de devenir candidat aux élections.
La vie publique
Jean Marchand, que connaissait le Dr Goldbloom, lui a demandé de se joindre à son équipe. Le Dr Goldbloom a été amené à poser sa candidature dans la même circonscription que Pierre Elliott Trudeau. Et c'est ce dernier qui a gagné l'investiture dans son comté de Mont-Royal, qu'il a représenté durant toute sa carrière politique.
Le Dr Goldbloom s'est ensuite présenté aux élections provinciales et il a été élu à l'Assemblée nationale - l'Assemblée législative comme on l'appelait à l'époque - comme député du nouveau comté de D'Arcy-McGee, en 1966, comté qu'il a représenté pendant presque quatorze ans. Alors qu'il était au Conseil des ministres, sous le gouvernement Bourassa, le Dr Goldbloom est devenu le premier ministre de l'Environnement de l'histoire du Québec, occupant ce poste durant six années. Le Dr Goldbloom a entrepris la rédaction d'un projet de loi pour la protection de l'environnement qui a été adopté en 1972 par l'Assemblée nationale.
De nombreuses mesures ont été prises dans le domaine de la protection de l'environnement alors que le Dr Goldbloom était ministre. Entre autres, il est extrêmement fier d'avoir pu mettre en marche le processus qui a mené à des mesures vraiment intéressantes et utiles pour la protection de l'environnement très sensible du territoire de la baie James, pour le traitement des eaux usées de l'Île de Montréal, pour l'amélioration de la qualité de l'air montréalais, pour la diminution de la pollution industrielle un peu partout dans la province, etc.
En février 1973, le Dr Goldbloom était nommé ministre des Affaires municipales. La première action importante qu'il a entreprise a été d'émettre une directive à la Communauté urbaine de Montréal l'enjoignant de mettre en place des mesures pour traiter ses eaux usées. La directive a été prise au sérieux et on sait qu'aujourd'hui, Montréal dispose d'une usine de traitement de ses eaux usées.
Le chantier olympique
En 1975, le Dr Victor Godbloom a été désigné ministre responsable de la Régie des installations olympiques, organisme créé par le Premier ministre Robert Bourassa qui avait décidé de substituer le gouvernement du Québec à la Ville de Montréal comme responsable des installations olympiques. Les mesures nécessaires ont été prises afin de reprendre la situation en main et de rétablir un climat serein sur le chantier.
Une oeuvre de dialogue
En 1979, le Dr Goldbloom a démissionné de son siège à l'Assemblée nationale. Il a accepté le poste de président et directeur général du Conseil canadien des chrétiens et des juifs, et c'est pour assumer cette responsabilité, qu'il a conservée jusqu'en août 1987, qu'il a offert sa démission à la Chambre. De 1982 à 1990, il a été aussi président de l'Amitié internationale judéo-chrétienne. Par cet engagement, il a voulu promouvoir le dialogue entre gens d'origines et de religions différentes. Deux fois, le Dr Goldbloom a été nommé délégué auprès de l'Organisation des Nations unies par le gouvernement du Canada : à la Conférence sur l'environnement qui a eu lieu à Stockholm en 1972, et à la Conférence Habitat qui a eu lieu à Vancouver en 1976, en tant que deuxième vice-président de la délégation canadienne. Durant plusieurs années également, il a siégé au conseil d'administration de la Fondation des Grands Lacs. Après ses huit années au Conseil des chrétiens et des juifs, il est revenu au Québec à temps complet. Il a présidé le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. Il a été par la suite directeur général du Fonds de la recherche en santé du Québec, et pendant qu'il occupait cette fonction, le Premier ministre du Canada lui a demandé de devenir commissaire aux langues officielles, poste qu'il a occupé ensuite pendant huit ans.
Commissaire aux langues officielles
Le Dr Goldbloom, dont la langue maternelle est l'anglais, avait eu l'occasion de travailler en français alors qu'il était au Collège des médecins du Québec. Après quelques mois, il a manifesté le désir d'adhérer à l'Association des médecins de langue française du Canada, dont il est membre depuis trente-sept ans. Tout ceci a servi de préambule à son engagement comme commissaire aux langues officielles. "C'est à partir du moment où je suis entré à l'Assemblée nationale que je me suis senti à l'aise dans les deux langues, dit le Dr Goldbloom. Comme commissaire, je voulais appuyer les communautés francophones minoritaires des provinces autres que le Québec. Je considérais que c'était là un élément majeur de mon mandat en tant que commissaire aux langues officielles."
Comme l'explique le Dr Victor Goldbloom, le commissaire est un ombudsman. Il reçoit des plaintes de la part du public lorsque les services fédéraux ne sont pas offerts de façon convenable sur le plan linguistique et recommande les mesures qui s'imposent. Le commissaire apporte également son appui aux communautés minoritaires. Le Dr Goldbloom a voulu assurer aux communautés les ressources nécessaires à leur vitalité, notamment dans le domaine de l'éducation. Quand il est entré en fonction en 1991, deux provinces seulement au Canada offraient à leurs communautés francophones minoritaires un régime de gestion scolaire. À la fin de son mandat, la gestion scolaire linguistique était devenue une réalité dans toutes les provinces et dans les Territoires. Il a également contribué à l'établissement de centres scolaires et communautaires un peu partout au Canada alors qu'il n'y en avait que cinq à son arrivée. À son départ, on en comptait au moins seize et d'autres étaient en chantier. Ces centres communautaires, greffés à des écoles, permettent aux parents et aux enfants de participer à des activités culturelles. Cette concentration de la vie communautaire aide énormément à assurer l'avenir de la communauté et à lutter contre l'assimilation, comme l'explique le Dr Goldbloom.
Quand il était commissaire aux langues officielles, le Dr Goldbloom a pris l'initiative de faire l'analyse de divers domaines d'activité gouvernementale quant à la qualité linguistique et à la disponibilité des services offerts dans la langue de la minorité, l'anglais au Québec et le français dans les autres provinces et dans les Territoires. Il s'est penché, par exemple, sur les problèmes linguistiques dans l'administration de la Justice. Pour un accusé ou un témoin appelé à comparaître devant un tribunal, la langue utilisée devient extrêmement importante. Il s'est aussi attaqué au dossier linguistique de la dévolution de responsabilités fédérales vers les provinces et parfois jusqu'aux municipalités, car de telles dévolutions privent le citoyen de son droit de recours au commissaire aux langues officielles, dont la juridiction est limitée aux institutions fédérales.
Le Dr Goldbloom, pendant son mandat comme commissaire aux langues officielles, s'est aussi intéressé, faut-il le dire, au système de santé. Il a constaté qu'il y a une pénurie importante de professionnels de la santé francophones dans les provinces à majorité anglophone. Il a contribué à obtenir du gouvernement fédéral un montant important destiné à la faculté de médecine de l'Université d'Ottawa afin qu'elle offre une formation en français à des médecins et à d'autres professionnels de la santé francophones. Cette université est la seule qui compte une faculté de médecine à l'extérieur du Québec où l'on peut former des médecins en français. Il a été décidé que cette université accepterait de former 30 médecins et 60 professionnels de la santé d'autres disciplines pour les communautés francophones minoritaires du Canada au cours des cinq prochaines années. Le Dr Goldbloom a été l'un des principaux instigateurs de cette initiative. Il existe une entente entre le Nouveau-Brunswick et le Québec selon laquelle les étudiants en médecine du Nouveau-Brunswick viennent se former à l'Université de Sherbrooke. Mais il n'y a pas de telles ententes avec les autres provinces canadiennes.
Le Dr Goldbloom a également contribué à la création d'une association nationale de professionnels de la santé francophones. Il a voulu ainsi améliorer pour les citoyens d'expression française la possibilité de recevoir des soins dans leur langue. "Quand on est malade, anxieux, nerveux, dit-il, malgré que l'on puisse être bilingue, il est plus facile et plus sûr de s'exprimer dans sa langue maternelle. Pour les médecins et pour tous les professionnels de la santé, bien comprendre ce que le patient raconte, ce qu'il explique, et être en mesure de bien lui communiquer tous les éléments du diagnostic et du traitement qui requièrent un consentement éclairé, assurer le suivi après le traitement, tout cela nécessite une bonne connaissance de la langue d'expression du patient", souligne le Dr Goldbloom. Il a mis l'accent là-dessus tout au long de son mandat de commissaire. Certains hôpitaux, estime-t-il, ont fait des efforts particuliers pour bien servir leur communauté dans la langue officielle minoritaire. Il cite l'exemple de l'hôpital de Saint-Boniface où il existe (depuis peu) une équipe de professionnels de la santé francophones et où les patients d'expression française sont maintenant accueillis dans une clinique francophone. Le Dr Goldbloom a également participé très activement à la lutte pour la survie de l'hôpital Montfort, à Ottawa.
Une autre de ses initiatives a été l'évaluation du coût de l'emballage et de l'étiquetage dans les deux langues. Certains adversaires du bilinguisme prétendaient que ces coûts étaient faramineux et représentaient un fardeau intolérable pour les moyennes et petites entreprises. Les services de trois firmes comptables réputées ont été retenus afin d'évaluer les coûts d'un étiquetage bilingue. Ils ont découvert que ces coûts étaient minimes. Dans ce dossier, le Dr Goldbloom a surtout mis l'accent sur la protection de la santé et la sécurité des consommateurs, des enfants plus particulièrement. Il a dit lors du débat sur le sujet : "En cas d'allergie grave, face à la possibilité de blessures ou d'empoisonnement, la vie et la santé d'un francophone ou d'un anglophone sont de valeur égale. Il faut que chaque personne soit protégée de façon convenable, peu importe son appartenance linguistique."
Attaché à la francophonie
En ce qui concerne le projet de loi 101, le Dr Goldbloom, bien qu'il en trouve l'application parfois un peu sévère, reconnaît la nécessité de protéger la langue française en Amérique du Nord et dans le monde entier. Il se dit extrêmement attaché à la francophonie tant canadienne que mondiale. Il constate également que les parents québécois, presque sans exception, veulent que leurs enfants connaissent les deux langues officielles au Canada. "Mais, précise le Dr Goldbloom, il faut en même temps défendre la langue française. L'une des initiatives de l'Université de Moncton a été de créer, à son campus d'Edmunston, un centre international pour l'Internet en français. C'est une importante contribution du Canada à la francophonie mondiale, dit-il. Beaucoup de gens, surtout ceux qui ne sont pas de langue française, ne savent pas que le marché francophone est le cinquième en importance parmi les marchés canadiens d'exportation. Il est clair donc que notre appartenance et notre appui à la francophonie sont importants, non seulement pour les Canadiens d'expression française, mais pour le Canada dans son ensemble."
Que pense le Dr Goldbloom du mouvement actuel d'anglicisation de la langue dans la publication des travaux de recherche scientifique? "J'avoue que j'ai été fort déçu, affirme-t-il, lorsque j'ai appris cette décision de l'Institut Pasteur de publier en anglais. Il me semble que les organismes français de France doivent faire preuve de leadership. Si on abandonne le français dans des créneaux spécifiques comme la recherche biomédicale, on abandonne la francophonie dans son ensemble. Je reconnais que pour être connu et reconnu, il faut attirer l'attention du monde scientifique d'expression anglaise; mais de nos jours, avec l'inforoute, les moyens de communication et de traduction, il existe sûrement des façons de continuer à publier en français dans le milieu scientifique.
"Partout où je rends visite aux communautés d'expression française, souligne le Dr Goldbloom, je suis impressionné par leur engagement et leur détermination à continuer de vivre en français. Il est vrai que l'assimilation a grugé quelque peu leurs forces vives, ajoute-t-il, davantage dans certaines provinces que dans d'autres. Mais avec la gestion scolaire, avec les centres communautaires et scolaires, avec d'autres mesures qui ont été mises en place, j'ai bon espoir que l'on puisse renverser la vapeur et convaincre les jeunes que leur héritage est important et ne doit pas être abandonné."]