| Mot du président |
Parution: janvier 2003
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Nous nous devons de constater que nous vivons dans une société qui s'internationalise et dont les repères changent plus que jamais. L'expression avancée par le sociologue McLuhan, celle de « village planétaire », se dessine distinctement à l'horizon. Des villes comme Montréal sont devenues largement multiethniques. Nous assistons à l'émergence d'une conscience planétaire. |
Adapter la médecine nord-américaine aux divers contextes culturels des réfugiés canadiens représente un défi majeur. Au principe de bienfaisance s'ajoute, en médecine transculturelle, celui de l'autonomie. Sans affirmation et sans identité, les hommes peuvent difficilement s'épanouir. Les médecins des grands milieux urbains touchent à la diversité culturelle dans leur pratique quotidienne. Une enquête menée en 1997 par L'Actualité médicale révélait qu'environ 40 % des médecins de Montréal trouvaient difficile de pratiquer une bonne médecine avec certains de leurs patients en raison des barrières linguistiques et culturelles.
Le multiculturalisme revêt à la fois une dimension sociale et médicale. Comme nos invités le soulignent, si notre pays accueille des immigrants et des réfugiés, il lui faut avoir une structure de soins adéquate, une structure respectueuse de leur identité. Il faut en tout temps faire preuve de vigilance et s'interroger sur le sens des actes que l'on pose et des attitudes que l'on manifeste. Les différences culturelles influent de façon importante sur la communication entre le médecin et son patient, et sur la compréhension mutuelle des problèmes de santé. Comme l'ensemble de nos citoyens, les immigrants veulent être écoutés et compris lorsqu'ils sont en état de vulnérabilité. Il est important pour les médecins de relever le défi qui consiste à améliorer leurs connaissances théoriques et pratiques afin de transcender les barrières culturelles et, ainsi, d'intervenir de façon optimale auprès de ces patients. Tout cela engage évidemment le médecin dans sa relation avec le patient.
En tout temps, le médecin est responsable de la nature du rapport qui s'établit entre lui et ses patients. Le respect doit prévaloir. La concertation et le dialogue sont préférables à la confrontation, mais il semble qu'il ne soit pas toujours facile d'atteindre cet objectif. Il faut que les médecins acquièrent des habiletés à établir un réel dialogue avec leurs patients, un dialogue qui se fonde sur une approche consensuelle, ce à quoi ils n'ont peut-être pas été suffisamment sensibilisés durant leur formation.
Au-delà de l'aspect strictement médical, il est très important de se défaire des préjugés qui sont apparus dans la société à différentes époques, avec les terribles conséquences que l'on sait. Il serait dommage de régresser par rapport à l'ouverture à laquelle nous ont conviés philosophes et penseurs, nous sensibilisant à l'importance de la démocratie, de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Il faut être conscient que le racisme, tel une hydre à cent têtes, a tendance à refaire surface en ces temps difficiles - surtout depuis les événements du 11 septembre 2001.
L'assimilation ne doit pas prendre le dessus sur l'intégration. On ne doit pas confondre les genres. Le multiculturalisme engage la responsabilité du médecin, qui doit répondre à l'attente de ses patients, non seulement à leur demande de soins, mais aussi à leur demande d'écoute, d'information et à leur besoin d'autonomie.]
Wilhelm B. Pellemans, MD