Parution: juillet 2003

Notre congrès annuel fait peau neuve
Par Sylvie Poulin


D'une part, en raison des nouvelles exigences des établissements hôteliers montréalais, le 75e Congrès de l'AMLFC se tiendra à Laval, au Centre des congrès de l'hôtel Sheraton, les 16 et 17 octobre prochain - comme vous le savez sans doute déjà. D'autre part, et plus important encore, le congrès a été bâti selon une méthode pédagogique très participative, tout à fait inusitée dans ce genre de rencontres scientifiques.

Le thème du congrès - De l'investigation au diagnostic - se prête particulièrement bien à cette méthode axée sur le concret et sur l'expérience clinique des omnipraticiens. Comment les choses vont-elles se passer exactement? Chacune des sessions au programme, toutes d'égale importance, se déroulera en quatre temps...

Les participants assisteront d'abord à la présentation d'un cas, laquelle sera immédiatement suivie d'une série de quinze questions environ, auxquelles les congressistes répondront au moyen d'un bloc tactile (touch pad). Les questions ont été conçues de telle sorte que chaque médecin puisse exprimer la démarche d'investigation qu'il suivrait présentement pour arriver à un diagnostic. Puis, un premier spécialiste viendra décrire les méthodes les plus utilisées à l'heure actuelle ainsi que les plus récentes nouveautés en matière d'investigation diagnostique relativement au sujet de la session.

Après une pause, un second spécialiste poursuivra la présentation détaillée des divers paramètres et techniques diagnostiques en rapport avec l'histoire de cas et, à la lumière de ce qu'ils ont vu et entendu jusqu'alors, les participants répondront aux mêmes questions que la première fois touchant la démarche d'investigation appropriée, ou du moins celle qu'ils adopteraient idéalement. Il devrait se dégager des réponses (puisqu'elles seront compilées quasi instantanément) une certaine évolution dans la façon d'aborder et de solutionner le problème, et par conséquent, une démonstration de l'apprentissage réel des congressistes.

Enfin, un expert-animateur viendra résumer le sujet, faire des liens entre les différents éléments, commenter « à chaud » la teneur des réponses antérieures et postérieures aux présentations des spécialistes, corriger le tir au besoin, apporter des explications à la demande des congressistes, etc.


Le Dr Wilhelm B. Pellemans

Voici ce que dit l'instigateur de la formule, le Dr Wilhelm B. Pellemans, président de l'AMLFC : « On connaissait déjà le modèle de l'atelier en petits groupes, avec ses qualités et ses défauts, dont le moindre n'est pas que ceux qui prennent la parole s'exposent au jugement des autres! Cette année, nous relevons le défi de faire participer l'ensemble des congressistes, simultanément et anonymement. »

La méthode, plus vivante, devrait soutenir davantage l'intérêt des participants, à qui l'on demandera d'ailleurs, au terme du congrès, de donner leur opinion sur cette approche novatrice qui constitue une autre des « premières » dont l'AMLFC a le secret.

Le Dr Pellemans se dit surtout confiant que cette formule pédagogique s'avérera plus efficace sur le plan de l'apprentissage et de la rétention des connaissances. L'aspect de l'intégration dans la pratique sera lui aussi vérifié, trois mois et six mois suivant le congrès, auprès de quelque 150 congressistes sélectionnés au hasard. « Les résultats de cette étude d'impact seront évidemment publiés dans le Bulletin et, nous l'espérons, dans la Revue de pédagogie médicale également », ajoute-t-il.

Si, comme on s'y attend, la satisfaction des congressistes et les résultats de la formation confirment la valeur de la méthode, il n'est pas exclu qu'on l'utilise dans d'autres congrès ou séances de FMC à venir, observe le Dr Pellemans : « Je suis persuadé qu'elle s'appliquerait également très bien sur le plan de la thérapeutique, notamment en pharmacologie - le thème de notre congrès en 2004. »

Par ailleurs, selon la séquence établie des congrès hôtes, il faut mentionner la tenue conjointe du 30e Congrès de la SMAGF (Société médicale des Antilles et de la Guyane françaises). L'AMLFC accueillera donc une quarantaine de médecins francophones d'Amérique centrale qui auront eux aussi l'occasion de présenter leurs histoires de cas et méthodes particulières, toujours sous le thème de l'investigation diagnostique.

Le pain quotidien à la clinique sans rendez-vous, au cabinet, à l'urgence, au CLSC...

Comme toujours, c'est une étude de besoins qui a présidé au choix du thème général du congrès. « Le diagnostic, comme la thérapeutique d'ailleurs, a subi depuis quelques années des accélérations importantes sous l'angle des connaissances et des méthodes, explique le Dr Pellemans. Et des modifications technologiques assez sensationnelles sont survenues. Les médecins qui n'ont pas accès à ces nouveautés dans leur milieu de pratique courante ont souvent affaire à des éléments - soit de l'appareillage, soit des techniques - dont ils n'ont parfois même jamais entendu parler. »

Et de donner l'exemple d'un patient atteint d'un problème cardiaque : « De nos jours, l'électrocardiogramme seul est largement dépassé. Cela ne veut pas dire qu'on ne doive plus l'utiliser, mais il existe maintenant des techniques beaucoup plus fines permettant d'arriver à des diagnostics très précis de failles au niveau du coeur. Et le Congrès est l'occasion de faire le point en la matière. »

Cela dit, souligne le Dr Pellemans, les présentations visent à ce que les praticiens dont l'environnement de travail est technologiquement moins bien pourvu puissent solutionner le problème au même titre que leurs confrères qui ont accès à de l'équipement de pointe.

Il sera donc question de méthodes et d'outils diagnostiques non seulement dans le champ de la cardiologie (douleur thoracique atypique et insuffisance cardiaque), mais aussi dans les domaines de la neurologie (migraines et céphalées), du système locomoteur (genou, colonne, lombalgie) et de la gastro-entérologie (douleurs abdominales). « Si nous avons choisi de nous pencher plus particulièrement sur ces quatre sous-thèmes, c'est qu'ils constituent dans l'ensemble à peu près 75 % de la consultation habituelle dans les bureaux des omnipraticiens. »

En un mot comme en cent, le congrès concocté par l'AMLFC est aussi innovateur de forme que pertinent de fond - un rendez-vous à ne pas manquer!]