Mot du président
Les effectifs médicaux
Parution: octobre 2003

Au cours de la dernière décennie, il y a eu des changements importants dans les effectifs médicaux au Québec. La restructuration de l'économie nationale et l'émergence de nouvelles priorités gouvernementales ont contribué à la modification de l'infrastructure existante pour ce qui est du nombre de médecins et de la répartition du personnel médical et hospitalier.

Jusqu'à tout récemment, l'allocation des ressources publiques du secteur de la santé et des services sociaux se fondait sur la formule historique, c'est-à-dire que l'allocation budgétaire était déterminée en fonction de la tendance passée. Les importantes compressions budgétaires décrétées au niveau national avaient pour objectif d'allouer les ressources non plus en fonction de l'offre ou de la production historique de services, mais bien en fonction des besoins des populations régionales.

C'est autour de la recherche d'un juste équilibre entre la répartition géographique de la clientèle et les services médicaux offerts dans chaque région que se sont maintenant canalisées les énergies et mobilisés l'ensemble des acteurs concernés. Sur le territoire du Québec, les régions sociosanitaires sont divisées en régions universitaires et en régions dites « intermédiaires », c'est-à-dire limitrophes aux régions universitaires et aux régions périphériques.

Depuis la réforme du réseau de la santé, il y a eu de nombreux départs à la retraite, encouragés par les primes d'allocation de fin de carrière. Ces départs précipités créent un certain vide dans les régions sociosanitaires où des postes sont vacants au Québec et on observe une migration interrégionale; en effet, les médecins des régions intermédiaires et périphériques reviennent vers les régions universitaires et les médecins qui avaient décidé de s'installer en région se ravisent. Cela risque, pour les trois ou quatre prochaines années, d'accroître le déficit dans certaines régions et d'y causer de sérieux problèmes.

Dorénavant, il faudrait revoir le «panier des services offerts» et encourager certains centres régionaux à accepter des regroupements. Dans certaines régions intermédiaires et périphériques, le plan d'effectifs médicaux ne vise pas l'ultraspécialisation. Il essaie plutôt de consolider la base (chirurgiens généraux, anesthésistes, radiologistes) dans chacune des régions. Quant aux spécialités plus pointues, une région pourrait se voir confier l'ophtalmologie, la région voisine, l'orthopédie, une troisième, la médecine nucléaire, etc. «Par maillage, ils finiront bien par obtenir l'équivalent de ce qu'on pourrait trouver dans une plus grande région.»

On en arrive à une transformation telle qu'il est devenu de plus en plus important pour les médecins de partager leurs tâches avec le personnel infirmier et les autres intervenants de la santé afin de diminuer les coûts et d'augmenter l'efficacité des travailleurs en soins de santé. Il faut donc nécessairement que, dans chaque région, il y ait quelques personnes compétentes et bien formées, capables d'instruire la population, d'offrir les premiers soins et de prendre les décisions.

La recherche demeure active dans le domaine de l'organisation des services médicaux et de leur variation spatiotemporelle. Il est probable que les observations fondées sur une plus longue période permettront de mieux saisir les tendances à long terme de l'évolution de l'offre et de la demande, et de minimiser l'importance des fluctuations occasionnelles.]

Wilhelm B. Pellemans, MD
président de l'AMLFC