| Mot du président L'avenir des soins de santé |
Parution: août 2004
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L'organisation et le financement des soins de santé font l'objet de nombreuses discussions depuis une dizaine d'années. Il serait vain de reprendre ici chaque argument puisque de multiples exemples peuvent illustrer, sans faillir, plusieurs points de vue. Considérons seulement trois concepts, à savoir l'organisation des soins, le financement des soins et la philosophie sociale des soins. L'organisation des soins Depuis 25 ans, on a modifié la structure des soins en la rendant toujours plus complexe. Des niveaux intermédiaires de contrôle ont fait leur apparition, rendant le processus plus lourd et plus coûteux. Il y a de moins en moins d'exécutants et de plus en plus de dirigeants. D'une part, on limite l'autonomie des directions et, d'autre part, on les tient pour responsables de la non-performance du réseau. On évacue la compétence (mise à la retraite), mais on n'accorde plus le statut de permanent. |
Tout est orchestré par une minorité qui ignore complètement la réalité du milieu de la santé et ne tient pas compte des autres niveaux de contrôle, déclenchant ainsi une forme de chaos et démotivant les forces vives de la santé, qui n'ont plus aucune voix au chapitre. Une idée intéressante est-elle lancée - la multidisciplinarité, par exemple, - qu'on crée une loi pour contrôler l'appétit vorace de tous!
Le financement des soins
Est-il vraiment assuré qu'augmenter le financement des soins est la solution pour atteindre l'efficacité? Des exemples fournis par d'autres pays montrent que le niveau de financement n'a peut-être pas besoin d'être équivalent au PNB. Voyez la Grande-Bretagne, le Brésil et la France. Ce sont des pays où le coût des soins par personne est nettement inférieur au nôtre et où la qualité de ces mêmes soins respecte à peu de choses près les normes canadiennes.
Dans un écrit antérieur, j'ai déjà évoqué le regroupement des effectifs et des expertises ainsi que les bienfaits d'une utilisation plus rationnelle de l'équipement et du temps. Pour réaliser cela, il faudra modifier des comportements et des attitudes à la fois côté syndical et côté corporatif.
Certaines pratiques commerciales sont aussi à revoir. La multiplication d'erreurs stratégiques, comme la naissance de notre CHUM, est à proscrire. On ne peut tout simplement pas investir temps et argent (des centaines de millions de dollars) dans un projet pour ensuite revenir à la case de départ.
La philosophie sociale des soins
Aborder les soins aux patients sous un angle « commercial » est-il justifiable ? Peut-on établir un rapport qualité-prix lorsqu'il s'agit de soigner des êtres humains? Il est évident que l'objectif doit être de prodiguer les meilleurs soins au meilleur coût, mais l'humanisation des soins est-elle toujours au centre de ces préoccupations ? D'un autre côté, toute la nouvelle technologie - sans cesse plus coûteuse - est-elle toujours le meilleur choix ?
Il n'y a pas de réponses simples à ces questions ; il demeure toutefois important de se les poser. Les soins de santé sont d'abord et avant tout un service rendu par un professionnel à un patient. Un peu de bonne volonté, de coordination et de compréhension: voilà sans aucun doute la clé d'un meilleur résultat !
Dr Wilhelm B. Pellemans
Président de l'AMLFC