Mot du président
Nouvelle présidence : Étape de renouveau ?
Parution: novembre 2004

Une association centenaire doit choisir de s’adapter à une société sans cesse en remaniement. Peut-elle encore exprimer de la créativité? Chaque nouvelle présidence entraîne une gamme de changements. Un président n’agit pas seul, mais au sein d’un regroupement de confrères.

J’ai été élu président désigné il y a deux ans par la «fast track». Je siégeais depuis un an au conseil général. En 1995, on m’a demandé d’agir comme personne-ressource auprès du comité de la formation médicale continue. Ces activités, dont une évaluation interne de la structure organisationnelle, m’ont amené à mieux connaître l’histoire, la tradition, la politique et les besoins de cette association... au point de vouloir m’y impliquer davantage et même de servir comme président. Je suis donc entré en fonction le 30 octobre 2004.

J’aurai le mandat de faire évoluer notre association tout en étant respectueux des grandes réalisations qui ont caractérisé son histoire.

Quelles seront les orientations de cette nouvelle présidence?

Faciliter le recrutement par la base
L’Association a pu bénéficier d’un noyau de fidèles contributeurs engagés à assurer la continuité des services et des interventions. Mais les idées nouvelles s’épuisent. Le renouvellement des contributeurs devient une condition essentielle de vitalité.

Déjà, j’ai sollicité la contribution de confrères pour siéger au conseil général. On peut dès maintenant compter sur la participation de 20 nouveaux conseillers, dont la moitié sont des femmes d’âge moyen.

Réviser les structures organisationnelles
Un comité spécial sur l’avenir de l’Association a été mis sur pied par le président du conseil général au printemps 2004. À intervalles réguliers, toute organisation sent le besoin de redéfinir sa mission et de préciser quelle direction elle entend prendre.

J’ai l’intention de poursuivre la révision des structures organisationnelles afin que nos divers comités soient encore plus productifs et que, éventuellement, on trouve des moyens davantage innovateurs pour répondre aux besoins de nos membres. Cette analyse critique exigera aussi que notre association se penche sur ses ressources financières et sur la façon dont elle les utilise. Une association comme la nôtre assume une responsabilité éthique particulière en raison de la contribution volontaire de ses membres.

Favoriser l’esprit de collégialité
Nos sociétés sont complexes. Le 21e siècle profite de moyens efficaces de communication. La participation sociale à nos systèmes est de plus en plus exigeante. Nos confrères vivent cette situation dans d’autres activités où ils sont actifs.

À cet égard, il pourrait y avoir un changement de style de leadership puisque les processus décisionnels demanderont la contribution d’un plus grand nombre et exigeront davantage de consensus.

Ces orientations à court terme peuvent être réalisées au cours d’une présidence de deux ans. Par ailleurs, certains enjeux et problématiques exigent une action continue de plusieurs présidences.

Initier sans précipitation des changements organisationnels
Toute organisation qui perdure peut être piégée dans un statu quo. Ainsi, la pénétration d’idées nouvelles peut être ralentie. Le défi consiste donc à initier sans précipitation des changements, tout en respectant la contribution des prédécesseurs et la fidélité des personnes actuellement engagées.

Favoriser un climat d’innovation
Tout responsable d’une organisation se trouve confronté au double rôle du maintien des acquis et, aussi, du développement d’un climat d’innovation. L’histoire de l’AMLFC est caractérisée par une série d’innovations dans le système médical francophone. La révision de nos structures s’inscrit dans ce climat de renouvellement.

À titre de responsable de l’Association, j’aurai, au cours des deux prochaines années, le devoir et la responsabilité de trouver les avenues les plus propices à l’expression de cette créativité, dimension qui m’a fasciné dès mon arrivée, il y a 10 ans, au sein de l’AMLFC.

Revoir la position de l’AMLFC par rapport à ses partenaires sociaux
Depuis sa fondation en 1902, l’AMLFC a vu naître autour d’elle plusieurs autres regroupements et associations de médecins. Par exemple, en formation continue, les intervenants sont multiples à offrir des activités. La concurrence pour des services similaires n’est pas un secret de Polichinelle!

Fusion, défusion, refusion... sont des mots à la mode! Devons-nous envisager de nouvelles avenues d’échange avec nos partenaires? Le nouveau conseil d’administration aura sûrement à se pencher sur cet enjeu. Des dialogues nouveaux, lucides et transparents devront être établis avec les autres partenaires afin de mieux répondre aux défis de la société médicale francophone.

En conclusion, la nouvelle présidence aura le premier mandat de veiller au bon grain et, en même temps, de favoriser la progression de notre évolution. La révision des structures organisationnelles et l’analyse critique de nos ressources devront resituer l’AMLFC dans le contexte contemporain du 21e siècle tout en continuant de stimuler l’expression de l’innovation. Des partenariats plus fructueux seront à redécouvrir. Nos membres pourront être fiers d’appartenir à une association bien vivante qui ne craint pas de se questionner afin d’être davantage au service de tous, en particulier de nouvelles clientèles issues d’ethnies diverses et d’un pourcentage croissant de nos consoeurs. L’activité de renouvellement par la base, déjà actualisée, assure la réussite de notre opération.

Dr Jacques Étienne Des Marchais
Président de l'AMLFC