Parution: janvier-février 2008

Symposium francophone de médecine 2007
Quand le succès dépasse les attentes...

Par Claudine Auger



Le Dr Fernand Labrie, lauréat du Prix de l'œuvre
scientifique 2007 de l'AMLFC, recevant son prix des mains
des Drs Jean-Marie Martel et Jacques Des Marchais,
président et président sortant de l'AMLFC

Une réussite indiscutable pour ce deuxième Symposium francophone de médecine réalisé par l’AMLFC! Avec son thème « Médecine de première ligne : maintenir ses compétences! » et ses activités de promotion du français en médecine, l’Association des médecins de langue française du Canada ancre sa mission : offrir une formation professionnelle continue de qualité et promouvoir le français.

La fébrilité était palpable chez les membres du comité organisateur ce matin du 31 octobre 2007, au moment de l’ouverture du Symposium, tenu à nouveau au Palais des Congrès de Montréal. En un an, le taux de participation a doublé, avec plus de 800 inscriptions. En souhaitant la bienvenue aux congressistes, le président du comité scientifique, le Dr Sébastien Toussaint, s’est dit heureux d’une réponse aussi enthousiaste. Il a également souligné l’importance que l’événement revêtait pour l’AMLFC en lui permettant de consolider ses valeurs et sa raison d’être.


Une logistique bien huilée

Postée à l’entrée du site des exposants, l’Association affirmait sa présence avec la force d’un nouveau kiosque, plus grand et plus accueillant. Le site lui-même, davantage aéré et invitant que l’année dernière, comptait une quarantaine d’exposants associés à l’univers médical.

Le Dr François Croteau, membre du comité scientifique, explique que ces exposants n’influencent en rien le contenu du congrès. Le programme est conçu à partir des besoins des médecins et les conférenciers ne sont en aucun cas sollicités pour faire de la promotion pharmaceutique. « Le mur est infranchissable! » garantit le Dr Croteau.

Un second atout de cet événement est son coût concurrentiel par rapport aux congrès offerts dans l’industrie. C’est un facteur apprécié si l’on tient compte de l’augmentation du taux de participation cette année, et ce, malgré le fait que durant cette même semaine se tenaient plusieurs autres congrès dans la région de Montréal. La Dre Johanne Blais, également membre du comité scientifique, confie que l’AMLFC peut se permettre des frais d’inscription aussi abordables principalement parce qu’elle a choisi de ne pas produire de cahier de textes. En effet, si l’on calcule 800 cahiers comprenant chacun les textes d’une trentaine de conférences à raison d’une dizaine de pages chacune... les coûts sont significatifs et la quantité de papier requise est énorme. Les participants, sensibles à ce geste environnemental qui distingue l’Association, pouvaient par contre imprimer les textes qui les intéressaient, disponibles sur le site Internet de l'AMLFC (www.amlfc.org).


Le Dr François Croteau, membre du comité scientifique du Symposium

Le Dr Sébastien Toussaint, président du comité scientifique du Symposium

La Dre Blais poursuit en décrivant la conception particulière du Symposium : varié et flexible, le menu compte cinq conférences de pointe échelonnées sur deux jours et demi et le reste du programme offre deux conférences simultanées tout au long du Symposium. Des ateliers et des repas-conférences complètent l’agenda. Agréée par le Collège des médecins du Québec aux fins de formation professionnelle continue, l’AMLFC remet un certificat de présence aux participants attestant un crédit de catégorie 1 pour chaque heure de formation à laquelle ils ont assisté.

Le Symposium est ainsi planifié pour offrir une formation sur mesure, selon les besoins pratiques et concrets de chacun, comme le confirme ce congressiste, le Dr Louis Beaudoin, omnipraticien de Shefford : « L’événement est de plus en plus populaire compte tenu de la qualité des conférenciers et du choix des sujets. Personnellement, je viens pour apprendre des nouveautés sur la gériatrie, et plusieurs conférences abordent ce domaine de ma pratique. Je profite aussi de la visite des exposants avec qui je peux échanger et m’informer sur les produits. Je reviendrai l’an prochain, je suis un abonné! » Plusieurs témoignages vont en ce sens et les médecins abordés ont affirmé leur désir de récidiver.

Quant à la Dre Blais, elle se dit choyée de participer à l’organisation d’un tel événement : « Tous les médecins à qui j’ai demandé d’être conférenciers ont répondu par l’affirmative! » Une réaction positive qu’elle explique par le fait que le comité scientifique fournit des objectifs clairs et propose des sujets intéressants. La réputation de l’Association sert également leur cause. Elle conclut en s’exclamant : « Et puis, c’est un charme de travailler avec l’équipe du comité scientifique, composé des Drs Sébastien Toussaint, président, François Croteau, André-H. Dandavino, Munir Habra et moi-même!* Chacun sait ce qu’il a à faire et l’organisation roule rondement. J’organise plusieurs congrès, et celui-ci est un de ceux que je préfère. »


Congressistes

M. Michel Lucas, Ph. D. (C), conférencier


Le Dr Donald Rivest, conférencier

Médecine de première ligne tous azimuts

Si, comme en témoignaient les participants interrogés, le Symposium a répondu aux attentes par la qualité de son contenu, c’est aussi parce que l’événement couvrait de larges horizons. Pour les omnipraticiens s’étant déplacés, les objectifs d’autogestion étaient comblés. L’apprentissage se tournait vers trois créneaux principaux : les sciences cliniques pour acquérir des connaissances de pointe sur la prise en charge des problèmes de santé de première ligne, la thérapeutique afin d’adapter la prescription aux nouvelles connaissances, et la prévention de la maladie et la promotion de la santé.

Les congressistes se créaient un programme personnalisé parmi la variété de conférences offertes : la maladie de Parkinson, les troubles du comportement alimentaire, la maladie bipolaire, l’apnée du sommeil, pot-pourri en dermatologie, mise à jour en contraception, médecin stressé ou médecin en difficulté, l’insulinothérapie, la sclérose en plaques, la prise en charge des bactéries résistantes, les anémies, la lombalgie... pour ne nommer que celles-là. Les participants pouvaient également opter pour une série d’ateliers.


Le Dr Louis Beaudoin, congressiste

Finalement, question d'apprendre tout en se divertissant, l’AMLFC a fait appel à son comité de la promotion du français en médecine. Nouvellement constitué, ce dernier a proposé deux activités ludiques : un jeu de graffitis et une dictée médicale. Quelques congressistes ont accepté de relever le défi, de taille : la dictée de 250 mots, composée et lue par le Dr Serge Quérin, vice-président du comité et rédacteur de la rubrique Parlez-vous franglais en médecine? dans le Bulletin de l'AMLFC, était truffée de pièges... dans lesquels plusieurs sont tombés! L'intérêt envers les subtilités de notre langue en a été décuplé!


Grosses pointures

Les conférences de pointe, quant à elles, rassemblaient tous les participants à chaque demi-journée. Le Dr Donald Rivest, neurologue au CHUL de Québec et à l’Hôtel-Dieu de Lévis, a ouvert le bal en informant son public sur les accidents cérébrovasculaires. Comme on le sait, ce fléau qui augmente avec l’âge est la principale cause d’incapacité et une source grave de démence chez l’adulte.

Afin d’être en mesure de prévenir les ACV chez leurs patients, les médecins doivent savoir en reconnaître les facteurs de risque, les signes annonciateurs et les symptômes. Tout en prônant les équipes multidisciplinaires – dont le travail d’ensemble diminue efficacement les complications – le Dr Rivest préconise l’intervention primaire et le continuum thérapeutique. Il a informé son auditoire sur les stratégies d’investigation dans le cadre d’ischémie cérébrale transitoire (ICT), sur les manières d’optimiser l’approche thérapeutique en prévention secondaire d’ICT-ACV et a donné des outils permettant de reconnaître le degré d’urgence dans la symptomatologie cérébrovasculaire.

Pour mettre un frein à la course aux vertus miracles qu’offriraient les oméga-3, M. Michel Lucas, Ph. D. (C), épidémiologiste et nutritionniste à l’Université Laval, a mis en lumière cette panacée à la mode dans une conférence des plus nutritives. Alors que les oméga-3 diminueraient le risque de mortalité coronarienne de 35 %, de mort subite de 45 % et de mortalité totale de 17 %, à peine 20 % des Québécois auraient des apports en oméga-3 marins répondant à la consommation hebdomadaire recommandée par les organismes de santé, soit 500 mg par jour. Un peu de poisson dans votre assiette?

Cardiologue hémodynamicienne et chef du service de cardiologie au CSSS Pierre-Boucher, la Dre Sylvie Maillette a suscité l’intérêt chez son auditoire en l’entretenant de la cardiologie au féminin, encore largement entourée de tabous. Nettement sous-estimée, la maladie coronarienne est la première cause de décès chez les femmes alors que chez les hommes, elle est désormais surpassée par le cancer. Énumérant les facteurs de risque, dont le tabac, l’obésité et les lipides – un indicateur plus puissant chez la femme que chez l’homme –, la conférencière a insisté sur le diabète, particulièrement dangereux. À l’aide d’une étude de cas, la Dre Maillette a pu mettre en évidence les examens et autres outils diagnostiques ainsi que le traitement et le suivi en cardiologie de la femme, similaires à ceux de son homologue masculin. Elle a, en outre, conseillé l’aspirine aux patients de 50 ans et plus présentant un facteur de risque et à tous les patients de plus de 60 ans.


Participants à la dictée

Kiosque de l'AMLFC : Mmes Gina Simboli et Maria Martineau

Les deux autres conférences de pointe – celle sur la prostate et celle sur l'ostéoporose – étaient respectivement présentées par les Drs Martine Jolivet-Tremblay, urologue au CHUM et Louis-Georges Ste-Marie, directeur du laboratoire des maladies osseuses métaboliques au CHUM. Là encore, les congressistes ont eu droit à deux conférences présentées de main de maître sur des sujets de vif intérêt en médecine de première ligne.



La Dre Johanne Blais, membre du comité scientifique du Symposium et coauteure des livres Être femme à 50 ans et Être femme à 60 ans

Prenez votre billet pour 2008!

Lors de la clôture de l’événement, plusieurs personnes ont reçu des prix des présence, dont les deux livres récemment coécrits par la Dre Johanne Blais, Être femme à 50 ans (coauteure : Nathalie Gascon) et Être femme à 60 ans (coauteure : France Castel), ouvrages parus aux éditions Les Intouchables. Se sont également mérité une inscription de base gratuite au Symposium en 2008, les Dres Marie-Andrée Champagne de Saint-Gabriel, Carole Filiatrault, de Blainville, Lorraine Grenon de Montréal, Hany Keryakes de L'Annonciation et Brigitte Veilleux, de Saint-Georges.

Le président de l’AMLFC, le Dr Jean-Marie Martel, a invité tous les congressistes à revenir en 2008, pour la prochaine édition du Symposium francophone de médecine. À l’évidence, un événement de plus en plus recherché! ]