Parution: janvier-février 2008
Sauvé des eaux
Par Claudine Auger


Le comité organisateur et les congressistes
Première rangée : les Drs Marie-Françoise Mégie (5e en partant de la gauche), Binh Minh Do, Diane Lambert, Jean-Marie Martel et
le Pr Bui Duc Phu

Un voyage en Asie ouvre sur l’exotisme et l’aventure. Ce séjour des congressistes de l’AMLFC au Vietnam aura, à tout le moins, frappé l’imaginaire de ses participants : les intempéries qui ont menacé le déroulement du 14e Colloque de médecine ambulatoire multidisciplinaire (CIMAM) de novembre 2007 entrent dans la légende. Grâce à la vivacité de réaction des organisateurs et à la faculté d’adaptation de tous, les souvenirs gardent la marque du succès.

Les deux pieds dans l’eau, la délégation canadienne de médecins francophones a visité les beautés de la ville de Hoi An sous une pluie battante avec cette insouciance des vacanciers. Pendant la première partie du séjour, tous ont eu droit à une température tropicale et un dépaysement des plus agréables. Pourtant, lors de la journée de départ pour la ville de Hué où le colloque devait avoir lieu, la nature débordait : les inondations ayant largement détérioré les routes, le trajet était devenu périlleux. Malgré tout, les autobus purent prendre la route avec à leur bord les congressistes qui observaient avec désolation les dégâts causés par ces pluies diluviennes.


Changement de programme

Le 14e CIMAM, organisé conjointement avec l’Hôpital central de Hué, a requis des mois d’organisation pour offrir aux congressistes un programme répondant à leurs attentes professionnelles. Au menu, trois thèmes principaux : la neurologie, la psychiatrie et la prévention. Le comité organisateur – dont faisaient partie le Dr Jean-Marie Martel, président de l’AMLFC, le Pr Bui Duc Phu, directeur de l’Hôpital central de Hué, la Dre Marie-Françoise Mégie, directrice de l’unité de la formation professionnelle continue (FPC) de l’AMLFC, la Dre Binh Minh Do et la Dre Diane Lambert, membres du comité de la FPC – avait minutieusement planifié le déroulement de l’événement. Mais en quelques heures de déluge, tout semblait vouloir tomber à l’eau...


Des participants au 14e CIMAM

C’était sans compter sur l’étonnante faculté d’adaptation du comité organisateur. Tout en respectant l’état d’urgence dans lequel était plongé le Vietnam, le Dr Martel et ses collègues ont rapidement remédié à la situation. Avec diplomatie, le Pr Phu s’est prêté au jeu improvisé d’un changement d’horaire – qui devait s’ajuster aux circonstances, d’heure en heure : accueillir les conférenciers vietnamiens selon leur possibilité de déplacement, trouver de la nourriture pour sustenter les congressistes, fournir le matériel nécessaire dans un lieu agréable malgré une conjoncture bousculée.

Si le comité scientifique fut déstabilisé, il est vivement retombé sur ses pieds : la qualité des conférences a été préservée. Les conférenciers, de leur côté, ont fait montre d’une tolérance remarquable. L’événement s’est terminé par la prise d’une photo de groupe et la visite complète de l’Hôpital central de Hué. Bref, grâce au pouvoir de réaction et aux prises de décision efficaces du Dr Martel et du Pr Phu, le 14e Colloque international de médecine ambulatoire multidisciplinaire s’est déroulé dans l’harmonie.

En outre, les efforts soutenus de la Dre Diane Lambert ont permis une visite de l’Institut Pasteur de Hô Chi Minh, où les congressistes ont pu bénéficier d’un entretien tantôt sur le VIH, tantôt sur la grippe aviaire, une manière de bonifier cette formation.


Un partenaire solide

Collaboratrice de longue date, l'agence Voyages Malavoy avait la charge de la logistique du voyage. Interrogée sur le bilan de l’aventure, Mme Odette Thomas, copropriétaire de l’agence, affirme que leur plus grand défi a été de gérer un aussi large groupe : « 170 personnes participaient au voyage, réparties dans six autocars selon deux itinéraires distincts. À cause de l’obligation de se rejoindre dans la ville de Hué pour le colloque, située au centre du pays et sans aéroport, la logistique d’un si grand groupe devenait complexe. »

Pourtant, les dérangements causés par les inondations n’auront duré en somme que quelques heures. « À 13 h, nos voyageurs étaient confortablement installés devant un repas et pouvaient se remettre de leurs émotions! » raconte Mme Thomas. Même le gala a pu avoir lieu, retardé d’une journée, dans la magnifique cité impériale de Hué qui date du IXe siècle et où les participants se sont rendus en cyclopousse. Satisfaite du travail de coordination de son équipe, Mme Thomas souligne que le Vietnam n’avait pas connu pareilles intempéries depuis des décennies. Elle conclut par cet étonnant commentaire de plusieurs participants : « Malgré tout, le passage à Hué reste notre coup de cœur. Nous avons vu là quelque chose que nous ne reverrons plus jamais! » Oui, la mer était réellement déchaînée, paraît-il...]


L'Hôpital central de Hué



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