Parution: mai-juin 2008

Parlez-vous franglais… en médecine?


Par Serge Quérin, MD
Comité québécois d'étude du français médical


Faute d’évidence, tenons-nous-en aux faits!

Evidence-based medicine est l’une des expressions médicales les plus difficiles à traduire, du moins de façon concise, au point où – hélas! – on renonce parfois à le faire dans le jargon médical de tous les jours. Comment peut-on la rendre en français ? Quelques solutions possibles sont proposées en bas de page.

Il est clair tout d’abord qu’il n’est pas question ici d’une médecine fondée sur une ou des « évidence(s) », le mot anglais evidence ayant ici le sens d’« éléments de preuves », dont la démonstration parvient à convaincre, et non pas d’une chose évidente, qui s’impose à l’esprit.

Quant à l’adjectif based, si l’on tient à le traduire ici de façon littérale, il le sera mieux par fondée que par basée, puisqu’il est question ici d’un fondement rationnel, d’une justification, d’une motivation.

C’est ainsi que l’on en est venu à proposer médecine fondée sur des éléments de preuves ou, plus souvent, médecine fondée sur des données probantes. On a bientôt cherché des formulations plus concises comme médecine fondée sur des preuves (pour autant qu’il existe des preuves en médecine) ou encore médecine fondée sur des faits (prouvés). De cette dernière expression, on a enfin tiré l’appellation médecine factuelle, dont le sens n’est pas… évident à prime abord (« médecine réelle » ??) mais qui a l’avantage d’être courte et de plus en plus employée et comprise. À vous de choisir! ]


Solutions possibles : médecine fondée sur des éléments de preuves, médecine fondée sur des données probantes, médecine fondée sur des preuves, médecine fondée sur des faits (prouvés), médecine factuelle.


Article précédent dans ce Bulletin