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Parution: mai-juin 2008
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Ce mystérieux monde du placement… |
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Les fiducies de revenu. Les fiducies ont été développées au milieu des années 1990 en réponse à la diminution des taux d’intérêt, mais elles ont surtout connu une explosion de popularité à compter de 2001. En fait, elles visaient à procurer un rendement régulier élevé, particulièrement pour répondre aux besoins des retraités qui ne pouvaient plus compter sur le faible rendement des obligations pour rencontrer leurs dépenses. Le principe sur lequel se fonde une fiducie est le suivant. Normalement, une compagnie doit payer un impôt sur ses profits et la balance est utilisée soit pour son développement, soit pour payer un dividende à ses actionnaires, qui sont à leur tour imposés. En se transformant en fiducie, la compagnie évite de devoir payer des impôts et transfère cette obligation aux détenteurs de parts. Ceci lui permet donc d’augmenter substantiellement ses distributions mensuelles. D’autre part, une partie des distributions est constituée de retour de capital et est donc exempte d’imposition. Par contre, cette partie non imposable doit être soustraite du coût initial puisqu’il s’agit d’un remboursement de capital, et augmente donc le gain en capital lors de la vente des parts de la fiducie. |
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Tout allait bien jusqu’à ces dernières années, soit depuis 2004, alors que la fièvre de transformation en fiducie a commencé à atteindre de grosses compagnies telles que Telus et BCE. Devant cet engouement excessif, le gouvernement fédéral a réagi, en 2006, parce qu’il craignait de perdre trop de revenus. Il a donc mis fin à la création de nouvelles fiducies et fixé un délai pour terminer les fiducies existantes, soit 2011.
À la suite de cette décision, il y a eu une baisse marquée de la valorisation des fiducies, de l’ordre de 25 à 30 %, perte de valeur qui a en bonne partie été renversée depuis. Plusieurs détenteurs de parts de fiducie ont paniqué parce qu’ils percevaient les fiducies comme des obligations offrant le même niveau de sécurité.
Or, tel n’est pas le cas. Il faut être conscient qu’une part de fiducie est l’équivalent d’une action de compagnie, comportant les mêmes risques, même si le rendement en revenu est supérieur. Quand on achète une fiducie, on achète une participation dans une compagnie et non un titre de dette avec une meilleure garantie du capital et du revenu. Si on accepte ce fait, alors un placement dans une fiducie peut être judicieux selon les besoins de chacun. En effet, certaines fiducies ont très bien fait alors que d’autres ont été de véritables catastrophes, surtout dans le domaine de la consommation courante. Quand on crée une fiducie pour vendre des hamburgers, vous réalisez bien que ce ne peut être aussi solide que lorsque la fiducie distribue de l’électricité ou fait de l’exploration pétrolifère. Et depuis 2001, Dieu sait qu’il y en a eu de toutes sortes, bonnes et mauvaises.
Qu’adviendra-t-il des fiducies existantes? Elles vont toutes disparaître d’ici 4 ans. Certaines seront achetées par d’autres compagnies du secteur (comme la fiducie Osprey Media, pour laquelle Quebecor vient de faire une offre d’achat), d’autres seront privatisées avec le rachat de toutes les parts publiques, d’autres enfin seront reconverties en compagnies publiques qui paieront des dividendes. Il y aura des gains, il y aura des pertes, et celles qui font des distributions continueront de procurer un rendement de l’ordre de 8 à 12 % selon le cas, jusqu’à leur fermeture. ]
L'auteur déclare qu'il n'a aucun conflit d'intérêts et qu'il ne participe à aucune commercialisation de produits financiers.
* Envoyez vos courriels adressés au Dr Pelletier à : diane@amlfc.ca
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