Parution: juillet-août 2008

Ce mystérieux monde du placement…


Par L. Conrad Pelletier
MD, MBA


Le marché monétaire. Poursuivons notre examen des divers instruments du marché des capitaux. Après avoir discuté des titres à revenu fixe (obligations et actions privilégiées) et des titres de participation (actions ordinaires et fiducies), voyons maintenant le marché à court terme : le marché monétaire. C’est un sous-secteur du marché des obligations qui comprend des placements à court terme, c’est-à-dire de moins d’un an. Il rapporte un revenu fixe en intérêts qui est déterminé à l’achat en fonction du taux d’intérêt qui prévaut à ce moment. L’achat du placement se fait à escompte et à maturité ou lors de la vente, la différence entre le prix payé et le prix de vente obtenu représentant le rendement du placement. Pour déterminer le taux de rendement, il faut annualiser le rendement sur une année complète. Par exemple, un placement de six mois est acheté 9 500 $ et il vaut 10 000 $ à maturité. Son rendement a donc été de 500 $ sur 6 mois. Pour en calculer le taux, il faut diviser le gain de 500 $ par la durée du placement en jours (182,5) et multiplier par 365, soit : (500/182,5)365 = 1 000 $. Il faut ensuite diviser ce dernier montant par le coût d’achat et multiplier par 100 pour obtenir le taux de rendement annuel du placement en pourcentage, soit : (1000/9500)100 = 10,53 %. S’il y a disposition en cours de vie du placement, le prix obtenu sera déterminé par la durée de détention du placement en jours et l’évolution des taux d’intérêt qui feront gagner ou perdre de la valeur selon qu’ils ont diminué ou augmenté depuis l’acquisition.


Le Dr L. Conrad Pelletier

Le marché monétaire comprend les bons du Trésor (Treasury bills ou T-bills) émis par le gouvernement fédéral ou par les provinces (maturité : 3, 6 et 12 mois). Le bon fédéral de 3 mois est considéré sans risque et représente la base dans la détermination des taux d’intérêt. Chaque semaine, le gouvernement émet ses bons du Trésor, qui lui servent à équilibrer les flux monétaires de sa trésorerie. Le taux de rendement augmente légèrement avec la durée du bon. Ce marché comprend également d’autres titres comme les papiers commerciaux, qui sont des emprunts à court terme émis par de grosses compagnies et souvent garantis par les banques, ainsi que les acceptations bancaires, qui sont des engagements d’un emprunteur de payer à une banque un montant déterminé à une date future, en général moins de 6 mois, engagements que la banque peut revendre sur le marché secondaire en les garantissant. Enfin, de plus en plus, le marché monétaire peut comprendre des titres d’emprunt titrisés par les banques, par exemple des titres hypothécaires qu’une banque regroupe pour en faire un titre de placement à court terme qu’elle vend sur le marché secondaire comme papier commercial et qui lui sert d’entrée de fonds en attendant le remboursement de l’hypothèque : c’est la titrisation. Le gain de la banque, c’est la différence entre les intérêts reçus de l’emprunteur initial et les intérêts payés au détenteur du placement titrisé.

À quoi servent ces placements à court terme? Ils permettent d’obtenir un rendement pour un montant d’argent dont on n’a pas besoin immédiatement, mais qui devra être disponible dans quelques semaines, voire quelques mois pour un engagement financier déjà connu, par exemple : le versement des acomptes provisionnels (qui, avec la mort, sont les seules certitudes absolues de la vie…), l’achat d’une résidence, d’une automobile, ou tout autre engagement que l’on prévoit au cours de l’année à venir. ]


L'auteur déclare qu'il n'a aucun conflit d'intérêts et qu'il ne participe à aucune commercialisation de produits financiers.


* Envoyez vos courriels adressés au Dr Pelletier à : diane@amlfc.ca



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