Parution : juillet-août 2009

Un projet bien ancré dans l'action 
Suivi sur le mandat social de l'AMLFC, la pédiatrie sociale

Par Claudine Auger



Le Dr Jean-Marie Martel
À la suite du premier gala-bénéfice de l’Association des médecins de langue française du Canada le 31 octobre dernier, alors que l’Association officialisait son engagement envers la pédiatrie sociale après des mois de réflexion et de démarches nécessaires au lancement d’un mandat social, le projet semble s’être solidement enraciné. Le Bulletin a rencontré le Dr Jean-Marie Martel, président sortant de l’AMLFC et initiateur de cette entreprise inspirée, qui l’a informé de l’évolution du projet et a fait le point au bénéfice des nombreux membres de l’Association.

Bulletin : Bonjour, Dr Martel. Rappelez-nous comment le projet a initialement démarré et quel est le mandat social que l’AMLFC s’est donné.
Dr Martel : La réflexion de notre Association a débuté lorsque le Dr Jacques Étienne Des Marchais a démarré le processus de planification stratégique. La conclusion des membres était unanime : il devenait incontournable, à notre Association, de s’engager socialement dans des causes médicales sociales. Et à force de persévérance et avec la collaboration du groupe de travail du mandat social, dont sont actuellement membres les Drs Louis Conrad Pelletier, vice-président de l’AMLFC, Jocelyn Demers, Christiane Laberge, Yolande Leduc, Johanne Plante, André Véronneau et Mme Céline Monette, directrice générale de l’AMLFC, l’ensemble des membres a été sensibilisé à cette dimension que je considère fondamentale pour une organisation comme la nôtre.

J’en profite pour spécifier que le mandat social de notre Association s’élargira et s’intéressera à de nombreuses activités d’ordre social. À plus ou moins long terme, nous désirons nous investir, d’une manière ou d’une autre, dans différents domaines d’ordre social, l’éthique ou la santé et l’environnement, par exemple. D’ailleurs, le Dr Pelletier pilote en ce moment un dossier sur la cause santé-environnement. Ces engagements de l’Association pourront prendre différentes formes.

Quant à la pédiatrie sociale en tant que telle, il s’agit de développer des projets ou de collaborer à la réalisation de projets à l’intérieur d’ententes de partenariat. Concrètement, l’AMLFC s’est engagée à soutenir la cause du Dr Gilles Julien, d’ailleurs honoré lors du dernier gala-bénéfice pour son extraordinaire travail, soit la pédiatrie sociale.

Bulletin : Pouvez-vous nous détailler votre engagement en pédiatrie sociale ?
Dr Martel : Comme plusieurs probablement, le dévouement et le travail exceptionnels du Dr Julien nous ont profondément inspirés. Durant des années, il a œuvré dans l’ombre, avec peu de soutien, mais sans jamais rien perdre de sa motivation à aider les enfants défavorisés et en difficulté. En bref, la pédiatrie sociale réfère à des problèmes dont les causes sont sociales, à des problèmes ayant des conséquences sociales et aux soins et services donnés prioritairement aux enfants d’une population vulnérable. Nous avons choisi de joindre nos efforts à cette cause tout aussi noble que réalisable.

Notre mandat consiste en une approche philanthropique. L’AMLFC s’est définie en tant qu’investisseur social engagé avec vérification des investissements et nous effectuons un suivi régulier sur les ententes de partenariat afin de nous assurer que l’argent investi génère un retour social maximum. Notre engagement tient également à faire connaître le mandat social de l’AMLFC à tous nos membres et au public, espérant susciter l’intérêt à s’investir dans une cause sociale.

Bulletin : De quelle manière planifiez-vous promouvoir le partenariat entre l’AMLFC et la Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale (FPPS) ?
Dr Martel : Dans un premier temps, par tous nos moyens de communication interne, comme le Bulletin, par exemple. Mais également, par tous les moyens que nous pourrons créer. Par exemple, nous sommes très fiers que le Dr Julien ait accepté de donner une conférence de pointe sur le sujet qui lui tient tant à cœur lors du prochain Symposium francophone de médecine de l’AMLFC, qui aura lieu au Palais des congrès de Montréal, du 28 au 30 octobre 2009. En outre, durant l’événement, des représentants de la pédiatrie sociale seront présents à notre kiosque, donnant aux participants toute l’information concernant cette philosophie de pratique. Le Symposium attire habituellement entre huit cents et mille médecins, surtout de médecine générale, venant principalement du Québec et des autres régions francophones du Canada. C’est une tribune importante qui nous permettra de joindre un grand nombre de médecins dont certains, peut-être, auront le désir de s’investir concrètement auprès de cette cause.

Il y aura d’autres événements médiatiques en partenariat avec la FPPS , et tout événement devra obtenir l’approbation des partenaires. C’est une collaboration ouverte, qui veut mettre en lumière les informations telles qu’elles sont. Nous désirons que l’engagement de l’AMLFC soit entendu et bien compris par ses membres afin que l’ensemble de la communauté médicale puisse épouser cette cause noble et fondamentale à notre société : c’est là une occasion de forger et de protéger les générations qui nous suivent, de leur offrir un avenir meilleur. Et dans un même temps, je vois là une excellente occasion de redéfinir la vocation qui sous-tend la médecine.

Bulletin : On sent bien votre célèbre mantra derrière cette pensée : « Donner, recevoir partager ! » Est-ce que l’AMLFC s’associe indéfiniment à la pédiatrie sociale ou est-ce que cet engagement a une durée limitée afin de laisser place à d’autres projets?
Dr Martel : Si je vous rappelle le contexte, notre Association a officialisé son engagement auprès de la pédiatrie sociale lors de la remise de la Médaille du mérite de l’AMLFC au Dr Julien pour son action humanitaire, lors du gala-bénéfice du 31 octobre 2008. Le conseil d’administration a convenu de revoir sa position par rapport à la cause soutenue tous les trois ans, lors de l’attribution de la Médaille du mérite, dont la remise alterne avec celles du Prix de l’œuvre scientifique et du Prix de l’ambassadeur du français en médecine Jacques-Boulay.

À mon avis, l’AMLFC sera probablement toujours associée à la pédiatrie sociale, mais la forme de l’engagement pourra varier avec le temps. L’entente telle qu’elle est aujourd’hui est valide jusqu’en 2011 et par la suite, elle pourra être redéfinie autrement.

Bulletin : Quelle est la première étape de votre engagement en  pédiatrie sociale?
Dr Martel : Le geste concret de notre soutien s’est ancré grâce au succès du gala-bénéfice 2008, alors que nous avons réussi à dégager un montant de 20 000 $, remis à la FPPS le 18 avril dernier, lors de l’assemblée semestrielle du conseil général. À ce montant, 4 759,35 $ provenant des dons divers et de la vente de livres de la FPPS ont été ajoutés. J’ai été ravi de la participation active des membres du conseil d’administration ainsi que des membres du conseil général lors de cet événement : elle démontre sans nul doute le souci de générosité dont fait preuve la communauté médicale associée à l’AMLFC et son enthousiasme à soutenir une telle cause.

Ainsi, afin que nous réussissions à remettre une plus grande somme à la FPPS l’an prochain, n’oubliez pas de mettre dès maintenant à vos agendas la date du deuxième gala-bénéfice : le jeudi 29 octobre 2009!

Bulletin : Quant au Dr Julien lui-même et à son équipe, comment perçoivent-ils le soutien de l’AMLFC?
Dr Martel : Évidemment, ils en sont ravis! Le site Internet de la FPPS en fait d’ailleurs mention, soulignant notre engagement et notre partenariat.

Bulletin : Comment envisagez-vous les prochaines étapes auprès de cet organisme déjà bien enraciné?
Dr Martel : Il a été décidé récemment par le Dr Julien de constituer un réseau de formation en  pédiatrie sociale. Le Dr Julien a demandé à l’AMLFC d’en être membre officiel, ce que nous avons accepté avec enthousiasme. Nous serons en outre l’accréditeur pour la formation professionnelle continue (FPC) en pédiatrie sociale.

Le comité de formation aura la tâche de développer une stratégie de formation qui définira clairement ce qu’est la pédiatrie sociale et qui identifiera les compétences, les valeurs et les comportements attendus pour exercer dans cette discipline spécifique. Je vous rappelle que le Dr Julien a toujours eu une vision précise de ce que doit être la pédiatrie sociale. En outre, ce comité élaborera les objectifs pédagogiques, dessinera les étapes de formation en FPC et développera les outils pédagogiques pertinents.

Le comité de formation s’occupera également de la mise en réseau des intervenants multidisciplinaires attachés aux centres de pédiatrie sociale – entre autres travailleurs sociaux, éducateurs, infirmières, psychologues, médecins – pour les échanges de bonnes pratiques. Aussi, un congrès annuel de pédiatrie sociale pourrait enrichir ces échanges. Le comité est à développer un plan d’action afin de réaliser ces objectifs ambitieux et essentiels au rayonnement et à la poursuite de l’œuvre du Dr Julien, et de permettre un développement structuré et viable des futurs centres de pédiatrie sociale.

Bulletin : Il existe déjà, en effet, deux centres de pédiatrie sociale créés par le Dr Julien, situés dans l’Est de Montréal et dans l’arrondissement Côte-des-Neiges. En existe-t-il d’autres?
Dr Martel : En fait, il y a deux centres déjà existants dans la région métropolitaine, Assistance d’enfants en difficulté ( www.aed-hm.org ) et Centre de services préventifs à l’enfance ( www.cspe-cdn.org ). M. Daniel Dumont, responsable du développement des nouveaux centres de pédiatrie sociale, supervise cinq centres qui sont actuellement en développement, dont un dans la région de Gatineau et un dans celle de Saint-Jean-sur-Richelieu, et ils devraient ouvrir d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, plusieurs autres projets sont en gestation selon les initiatives et la volonté des milieux. À long terme, la FPPS souhaiterait développer des centres de pédiatrie sociale dans toutes les régions du Québec.

Comme vous le voyez, les acteurs qui soutiennent la cause de la pédiatrie sociale œuvrent avec énergie! Et l’AMLFC est heureuse et fière d’y participer. J’espère avoir expliqué clairement notre mandat social et d’avoir illustré concrètement la participation de notre Association dans la cause du Dr Julien, l’orientation de notre partenariat et l’utilité des fonds recueillis. En terminant, je tiens à souligner la contribution exceptionnelle de Mme Céline Monette, directrice générale de l’AMLFC, et son appui convaincu. Quant au Dr Julien, je crois qu’il est conscient que notre Association fournit un élan organisationnel indispensable à son projet et il en est reconnaissant. Cette synergie entre la FPPS et l’AMLFC est extrêmement bénéfique et ce sont les enfants qui en sortiront gagnants.

Bulletin : Dr Martel, merci. Bonne continuation et nous comptons sur vous pour nous tenir informés régulièrement de l’avancement du mandat social de l’AMLFC.



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