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Parution : novembre-décembre 2009
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L’arbre, tronc commun environnemental de la santé cardiovasculaire |
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Résumé d’un texte du Dr
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René-François de Chateaubriand, écrivain romantique et homme politique français du 19e siècle, sentait-il venir la crise écologique de notre planète lorsqu’il a écrit, il y a déjà près de 200 ans : « Les forêts précèdent l’homme, les déserts le suivent »? C’est par cette citation éloquente qu’
Si la documentation médicale des dernières années regorge d’informations sur les liens entre la maladie coronarienne et l’environnement, il faut être à l’écoute pour saisir la présence salvatrice et la force de vie d’un arbre; et dans notre quotidien, la question environnementale trouve peu d’écho à travers nos préoccupations nombreuses. Pourtant, les évidences ne datent pas d’hier. Remontons le temps : les premiers liens entre santé et pollution s’établissent pendant la révolution industrielle, particulièrement en Angleterre, qui tirait massivement son énergie de ses gisements de charbon. En 1892, à Londres, un smog majeur de 3 jours cause approximativement 1000 décès de plus que la mortalité habituelle. Ce que les Londoniens appelaient le great stinking fog, allait devenir le smog, terme créé en 1905 par le Dr Henry Antoine des Vœux lors d’une présentation scientifique au Public Health Congress de Londres. Le great London smog amènera les autorités britanniques à établir le Clean Air Act en 1956, réglementant l’émission de fumée dans la cité, en particulier l’élimination du charbon comme combustible majeur. Lors de la commémoration du 50e anniversaire du grand Fog en 2002, les autorités sanitaires britanniques estimèrent finalement à 12 000 le nombre de morts dues à ce désastre historique. Dans le monde entier, les départements de santé publique ont décrit des épisodes semblables dans plusieurs villes. Depuis quelques décennies, de nombreuses études ont été publiées, démontrant avec évidence que chaque pic de pollution aérienne entraîne une hausse substantielle de mortalité. Parmi plusieurs marqueurs aériens mesurés, les particules en suspension résultant de la combustion de combustibles fossiles, d'une taille de 10 micromètres (matière particulaire ou MP10), étaient directement corrélées à la mortalité générale. On a ainsi établi les liens suivants : chaque hausse de 10 microgrammes/m3 de PM10 est corrélée avec une hausse de 1 % de mortalité globale, de 1,4 % de mortalité cardiovasculaire et de 3,4 % de mortalité respiratoire. Les nombreuses études indiquent que plus les individus vivent à proximité d’une route polluée, plus le score calcique est élevé : à nouveau, le taux de particules fines émises par la combustion de combustibles fossiles est corrélé avec le niveau de maladie coronarienne. Plusieurs synthèses détaillées ont analysé les liens entre pollution aérienne et trouble cardiovasculaire. On documente une toxicité vasculaire directe des particules fines et ultrafines (MP2,5 et MP0,1) qui passent directement des alvéoles aux vaisseaux sanguins, provoquent un état inflammatoire par l'intermédiaire des cytokines et induisent de l'athérosclérose, des dépôts calciques, de l'instabilité rythmique, des tachycardies ventriculaires, de l'ischémie et des infarctus aigus. À l'inverse des milieux minéralisés et pollués, les environnements verdoyants paraissent cardioprotecteurs. S'il fallait construire de toutes pièces un dépollueur assurant l'homéostasie de notre milieu, avec toute notre technologie il serait difficile de faire mieux qu'un arbre. Selon Ressources naturelles Canada et Arbre Canada, un grand arbre fournit de l'oxygène à 4 personnes; il réduit le nombre de particules en suspension dans l’air de 7 000 par litre d’air; 500 arbres matures absorbent le CO2 émis par une voiture pendant un an. Un hectare de forêt urbaine, ou son équivalent végétal planté dans une collectivité, peut éliminer 15 tonnes de smog chaque année : c’est l’équivalent des émissions produites par 77 automobiles moyennes, chacune étant conduite sur
Difficile de trouver intervention médicale aussi efficace. Que faut-il de plus pour comprendre que planter et protéger un arbre rend le cœur heureux? |