1998_11_01

Le Dr André-H. Dandavino, nouveau président de l’AMLFC
Son mandat de président de l’AMLFC achevé, le Dr Jacques Lambert a cédé sa place au Dr André-H. Dandavino, omnipraticien d’Iberville. Nous vous présentons aujourd’hui ce médecin très actif dans sa communauté qui est aussi coroner et met en ce moment la main aux derniers préparatifs du premier tome d’un livre grand public sur la santé.Entre le Dr Dandavino et l’AMLFC, il y a une histoire de longue date. Membre depuis ses études médicales et fidèle amateur de nos congrès-voyages, c’est à la suggestion du Dr André Boyer qu’il a décidé de s’impliquer davantage. Le Dr Dandavino a donc occupé différents postes au fil des années, dont celui de trésorier à plusieurs reprises. « Ce qui est sans doute la meilleure façon de connaître une association, observe-t-il, puisque c’est là que l’on voit comment fonctionne réellement un organisme. » Le Dr Dandavino a également été président du comité des services et membre du comité de la formation médicale continue, secrétaire puis vice-président de l’Association.
Le Dr André H. Dandavino

En tant que président de l’AMLFC, le Dr Dandavino a un grand but : rapprocher les médecins de la population en leur donnant une plus grande visibilité. Selon lui, l’image de la profession a pâli dû à une trop grande discrétion des médecins. « Trop d’entre eux ont peur ou négligent de s’afficher et de s’affirmer sur la place publique, soutient-il. Ils ont fini par accepter, pour eux et pour leurs patients, des situations inacceptables. Cela se traduit par des impacts qui peuvent paraître mineurs au premier abord mais qui sont révélateurs. Ainsi en est-il des véhicules des médecins d’Urgences-santé qui ne sont pas identifiés comme tels, contrairement aux véhicules du SAMU en France, par exemple. Pour ce qui est d’échanger avec le public, l’AMLFC organise tous les ans son congrès dont le volet exposition est une belle initiative pour nous faire voir et entendre de la population. Mais il faudra aussi trouver d’autres façons pour « publiciser » davantage la médecine et les médecins. Gardons toujours à l’esprit que si nous ne prenons pas la place qui nous revient, d’autres l’occuperont et peut-être pas de la façon dont nous le souhaiterions. En faisant la promotion de ce rapprochement, l’AMLFC rendra service autant à la population qu’aux médecins. »

En ce qui a trait aux services aux membres, le Dr Dandavino entend bien qu’on continuera à les améliorer, notamment les activités de formation médicale continue, qui l’intéressent tout particulièrement. Et le volet informatique. Notre nouveau président est en effet un utilisateur convaincu des mérites du matériel informatique tant pour ses activités professionnelles que personnelles.

Le Dr Dandavino a complété ses études médicales à la faculté de médecine de l’Université de Montréal en 1974. En cela, il suivait les traces de ses deux frères. Adrien est un gynécologue maintenant à l’emploi du Collège des médecins du Québec et Raymond, un néphrologue oeuvrant à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Nul doute que l’exemple de ses frères a influencé le Dr André-H. Dandavino dans son choix de carrière.

Sitôt ses études terminées, ce Montréalais s’est installé à Iberville. « Je voulais exercer une médecine de qualité en ayant un contact personnalisé avec ma clientèle et avec la population de l’endroit où je pratiquerais, et je trouvais que ce serait plus facile de le faire dans une petite communauté, explique-t-il. De plus, la Montérégie est tout de même assez proche de Montréal pour que nos patients puissent bénéficier de la technologie de pointe des grands hôpitaux. C’est donc un milieu parfait pour moi. Parmi ma clientèle, il y a des patients que je soigne depuis vingt-cinq ans et, comme je me plais à le dire, j’ai accouché des mères et leurs filles tout au long des vingt-deux ans où j’ai fait de l’obstétrique. »

À Iberville, le Dr Dandavino oeuvre à la Clinique médicale Iberville, dont il est le président et qui regroupe maintenant quinze omnipraticiens et autant de spécialistes. Le Dr Dandavino pratique aussi à l’hôpital du Haut-Richelieu. Pendant de nombreuses années, il a fait de l’obstétrique et de l’urgence, mais s’est résolu à cesser ces activités il y a peu parce que se tâches professionnelles se multipliaient. Mais encore aujourd’hui, consultations avec et sans rendez-vous, visites à domicile et hospitalisations l’occupent beaucoup.

Pendant quinze ans, le Dr Dandavino a aussi participé au service Médecins à domicile Haut-Richelieu, un service de visites médicales à domicile qui a fait le bonheur de bien des gens ne pouvant pas se déplacer facilement. Pour sa part, il a eu beaucoup de plaisir à vivre cette expérience, qui s’est terminée en 1994. Comme le souligne le Dr Dandavino, il n’y a rien de plus révélateur qu’une visite dans le véritable milieu de vie d’un patient pour mieux le comprendre et éviter des demi-vérités dites dans le bureau de consultation qui souvent ne reflètent pas complètement ce que vit le patient. « Nous en étions arrivés à faire de 5 000 à 6 000 visites par an, dit-il. C’était malheureusement trop pour nous et nous avons été obligés de mettre fin au service. Dommage : il était innovateur pour l’époque et tout à fait dans l’esprit du virage ambulatoire avant même que l’on en parle. »

« Gardons toujours à l’esprit que si nous ne prenons pas la place qui nous revient, d’autres l’occuperont et peut-être pas de la façon dont nous le souhaiterions. »

Le Dr Dandavino a aussi été pendant dix ans responsable de la santé et de la sécurité au Festival des montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu. Pour lui, ce bénévolat était on ne peut plus normal et naturel pour un médecin, même s’il supposait de sacrifier dix journées de l’été. Il est d’ailleurs clair que le Dr Dandavino souhaiterait que plus de médecins s’impliquent à leur manière de façon bénévole dans divers organismes, ce qui serait une voie pour parvenir à un rapprochement entre eux et la population.

Au service de la population, il l’est aussi en tant que coroner depuis 1986. En tant que tel, le Dr Dandavino est appelé à éclairer les circonstances d’un décès et à émettre des suggestions afin qu’une mort semblable ne se produise plus. Par exemple, le Dr Dandavino a déjà dû se pencher sur le cas de barrières de sécurité installées sur des lits pour enfants qui ne correspondaient pas aux normes de sécurité et qui avaient causé la mort de petits. Après son rapport, on en a interdit l’importation au Canada. Plus récemment, on a pu entendre dans les médias les recommandations du Dr Dandavino à propos du cas d’un homme en attente d’un pontage cardiaque. Les motos marines ont aussi retenu son attention puisque ces véhicules récréatifs, mal utilisés, ont déjà causé des accidents parfois mortels. Notons que le Dr Dandavino est aussi président de l’Association des coroners du Québec.

« J’aime beaucoup mon travail de coroner, affirme-t-il, puisqu’il allie vraiment des facettes scientifiques et humanistes. Le coroner, c’est la dernière personne à questionner un mort, à tenter de découvrir ce qui a fait qu’il est décédé. Il faut sonder son existence et ses secrets, résumer sa vie pour comprendre sa mort. Pour moi qui suis fasciné par les questions de la vie et de la mort, c’est un poste privilégié. »

Heureusement, il y a des activités plus réjouissantes dans la vie professionnelle du Dr Dandavino que ces enquêtes autour de morts tragiques. Ainsi : le Guide pratique des symptômes et des maladies, coédité par Fides et le Groupe L’Actualité médicale, en collaboration avec l’AMLFC, dont le premier volume devrait paraître avant la fin de 1998. Le Dr Dandavino a agi comme coordonnateur de la publication, un travail ardu mais qui en valait la peine. « Plus de deux cents sujets seront abordés dans deux livres, dit-il, expliqués par autant de spécialistes des questions traitées. On y trouvera différents symptômes avec des indications sur les causes possibles et comment les soulager, quand aller consulter, etc. Ce sera un ouvrage accessible à tous, à conserver aussi bien à la maison pour le public qu’au bureau pour le médecin. J’imagine facilement un médecin remettant un passage photocopié à un client pour qu’il le lise à tête reposée, chez lui, et comprenne mieux ce qui s’est dit pendant la consultation. Pour moi, il ne fait pas de doute que le Guide deviendra une excellente référence pour tous. »

Quant à ses loisirs, le Dr Dandavino avoue qu’ils se font rares et que même sur les pentes de ski, à bicyclette, sur un terrain de golf ou lorsqu’il navigue sur Internet, son téléavertisseur ne le quitte pas souvent! « Le seul moment où j’arrive à vraiment me détendre, c’est en voyage à l’étranger, constate-t-il. Cet été, je suis parti en vacances avec mon fils en Normandie, sur les traces de la Seconde Guerre mondiale, et encore là, j’avais souvent le réflexe de chercher mon téléavertisseur. » Pour compenser les moments de farniente peu fréquents à son horaire, le Dr Dandavino peut toutefois compter sur le soutien de son épouse, Johanne Fortin-Dandavino, pharmacienne. « Elle aime participer aux activités de formation médicale continue auxquelles je m’inscris, apprécie-t-il, tout comme elle aime tenir à jour ses connaissances en pharmacie. Nous discutons souvent de santé ensemble, et c’est très agréable de découvrir son point de vue. Les médecins voient les gens dans leur bureau, tandis que les pharmaciens les rencontrent après la consultation, alors que les patients se souviennent de questions qu’ils n’ont pas posées ou s’interrogent sur ce qu’ils n’ont pas compris. Nos expériences professionnelles se complètent très bien. »

Nous voilà donc avec un nouveau président qui, nous n’en doutons pas, fera preuve du même sens de l’engagement que ceux qui l’ont précédé et saura laisser sa marque.]