centenaire

COMMUNIQUÉ La ministre de la Francophonie et le maire de Montréal rendent hommage à l’AMLFC à l’occasion de son centenaireMontréal, le 10 septembre 2002 – Pour souligner le centième anniversaire de l’Association des médecins de langue française du Canada (AMLFC), laquelle est indissociable de l’histoire de la médecine au Québec, on a procédé aujourd’hui au dévoilement d’une plaque commémorative en l’honneur de son fondateur, le docteur Michel-Delphis Brochu, au siège social de l’AMLFC, à Montréal. La cérémonie s’est déroulée en présence de Mme Louise Beaudoin, ministre d’État aux Relations internationales, ministre des Relations internationales, ministre responsable de la Francophonie, ministre responsable de l’Observatoire de la mondialisation, et du maire de Montréal, M. Gérald Tremblay, qui avaient répondu à l’invitation du président de l’AMLFC, le docteur Jean Léveillé. »L’AMLFC est l’une des plus anciennes associations médicales d’Amérique du Nord et la seule du continent regroupant des médecins francophones et francophiles du monde entier. Rares sont les sociétés médicales nord-américaines qui peuvent se vanter d’avoir eu, outre sa longévité, une influence comparable sur l’évolution professionnelle de leurs membres ou l’évolution sociale de leur milieu », a rappelé fièrement le docteur Léveillé.Une volonté d’affirmation collectiveC’est dès l’année 1900 que le Dr Brochu, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Laval et médecin à l’Hôtel-Dieu de Québec, propose de créer une association regroupant l’ensemble des médecins de langue française de l’Amérique du Nord. Le projet correspond à une aspiration légitime : celle des médecins francophones d’être reconnus comme les égaux de leur confrères de langue anglaise en matière de savoir et de compétence scientifique tout en demeurant fidèles à leur héritage français.Aboutissement d’un long processus d’affirmation, la création de l’association deux ans plus tard représente donc un geste politique fort traduisant non seulement un refus catégorique de l’isolement et de l’assimilation, mais aussi la farouche volonté des médecins d’ici de pratiquer et de promouvoir une médecine du plus haut niveau dans leur propre langue. Sorte d’ALÉNA médicale avant la lettre facilitant les échanges entre des collègues éparpillés sur un immense territoire, l’AMLFC constitue toujours un forum international pour les membres de la profession médicale d’expression française et un important outil de diffusion et de promotion pour la formation continue de haut niveau offerte dans cette langue.Un fondateur dont le chemin a croisé celui d’Aurore « l’enfant martyre ».À maints égards, l’histoire de l’AMLFC se confond avec celle des hôpitaux, des facultés de médecine et des diverses spécialités médicales du Québec et du Canada. En outre, elle est liée à une affaire judiciaire célèbre entre toutes : le procès de la belle-mère d’Aurore l’enfant martyre en 1922. En effet, le médecin appelé à témoigner à ce procès était nul autre que le Dr Michel-Delphis Brochu. Son intervention fut déterminante puisqu’il y déclara que l’accusée était « en état de comprendre la nature de ses actes, qu’elle avait toute son intelligence et qu’elle possédait le sens de l’appréciation morale ».Un ouvrage commémoratifLe centenaire de l’association sera souligné par la publication d’un ouvrage intitulé Cent ans de médecine francophone, l’histoire de l’Assocation des médecins de langue française du Canada, lequel sortira quelques semaines avant la tenue du 74e congrès annuel de l’AMLFC qui se tiendra les jeudi 31 octobre et vendredi 1er novembre prochains à l’hôtel Wyndham, au complexe Desjardins, à Montréal. Son thème: « Pour une sexualité en santé ».Discours de la ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, madame Louise Beaudoin, lors du dévoilement de la plaque commémorative du centenaire de l’AMLFC,
le 10 septembre 2002, à Montréal
Monsieur le maire de Montréal,
Monsieur le président de l’AMLFC,
Mesdames et messieurs,C’est un grand privilège pour moi d’associer le gouvernement du Québec aux célébrations marquant les cent années d’existence de l’Association des médecins de langue française du Canada.Parmi les mots à la mode qui parsèment notre vocabulaire aujourd’hui figure notamment celui de visionnaire.Aujourd’hui, nous rendons précisément hommage aux qualités de visionnaire du docteur Michel-Delphis Brochu et de quelques autres médecins qui, en 1902, fondaient ce qu’ils appelèrent alors l’Association des médecins de langue française de l’Amérique du Nord (j’admets que c’était plus joli, en tout cas, à mes oreilles’). On a dit de cette Association qu’elle était une espèce de ALENA médicale avant la lettre, ce que je trouve aussi assez séduisant.Bien avant qu’existe la notion même de mondialisation, bien avant que se tienne le premier Sommet de la Francophonie, ces Québécois avaient compris que pour survivre et prospérer, un peuple doit pouvoir vivre la modernité et le progrès dans sa langue. Ils avaient compris la nécessité de se donner un forum international qui leur permette d’assurer l’évolution de leur profession et le perfectionnement de leurs compétences scientifiques en français. Ils tissaient déjà des liens avec le monde, par exemple, avec l’Association des médecins de langue française d’Europe.Donc, au moment où étaient créées ici les premières facultés de médecine francophones et où les grands hôpitaux de Québec et de Montréal commençaient à se doter de laboratoires dans des domaines de pointe, il y a eu ce souci très affirmé de pouvoir nommer l’innovation en français.Et je ne peux m’empêcher de souligner que cela s’est déroulé à partir de 1902, soit 75 ans avant l’adoption de la Charte de la langue française, dont on souligne depuis quelques semaines le 25e anniversaire. Cette Charte qui a donné un sacré coup de pouce à l’atteinte des objectifs de l’Association en permettant que le français devienne, concrètement, la langue de l’enseignement et celle du travail par exemple. Cette Charte qui a donné naissance à l’Office de la langue française et qui a, lui aussi, contribué à élaborer une terminologie médicale moderne de langue française.Au centre de vos objectifs figure toujours cette capacité de transmettre et de nourrir le savoir nord-américain avec les peuples qui, sur tous les continents, partagent notre langue. À quelques semaines du Sommet de la Francophonie, qui se déroulera cette année à Beyrouth, nous ne pouvons que nous en réjouir.Cette capacité d’inscrire le français au coeur de la modernité témoigne de la vitalité de notre langue et de nos peuples.Donc, au terme d’un siècle d’existence de l’Association des médecins de langue française du Canada, j’éprouve une grande admiration pour le travail que vous avez accompli; je suis venue vous saluer, le saluer.Je vous remercie.Discours du maire de Montréal, monsieur Gérald Tremblay, lors du dévoilement de la plaque commémorative du centenaire de l’AMLFC,
le 10 septembre 2002, à Montréal
Si Montréal est aujourd’hui une ville particulièrement forte dans le domaine de la recherche et de la formation médicale, nous le devons en grande partie aux Paul David, Armand Frappier, Jacques Genest et combien d’autres grands médecins francophones, dont nous bénéficions encore et toujours de l’héritage.L’Association des médecins de langue française du Canada a grandement contribué à ce dynamisme depuis cent ans en favorisant la propagation d’un savoir scientifique de haut niveau en français. Elle a su animer et dynamiser le milieu médical d’ici et fait évoluer notre médecine. Elle a été un formidable outil de diffusion et de promotion pour la formation continue de haut niveau auprès des médecins d’ici.L’Association a contribué à l’émergence d’une vision particulière de la médecine, intégrant les approches nord-américaine et européenne, de telle sorte que nous nous sommes souvent trouvés à l’avant-garde de l’évolution médicale en maints domaines.Les valeurs véhiculées par l’AMLFC sont le professionnalisme, l’engagement, l’innovation et l’action, valeurs fondamentales de notre société qui témoignent de la contribution appréciable des membres de l’Association et qui constituent un gage de leur action collective en faveur du bien commun.Cent ans plus tard, il convient de dire que l’Association a donné naissance à un véritable forum international de la profession médicale de langue française, basant son action sur l’ouverture et l’échange. Son fondateur, le docteur Michel-Delphis Brochu, serait fier du chemin parcouru s’il voyait le dynamisme du milieu médical d’ici et son rayonnement.Dans une semaine sera inauguré le Centre de recherche sur les tumeurs cérébrales, associé à l’Institut de neurologie de Montréal, fondé par le docteur Wilder Penfield. Ce centre fera partie du Centre universitaire de santé McGill. La lancée se poursuit…Discours du président de l’AMLFC, le docteur Jean Léveillé, lors du dévoilement de la plaque commémorative du centenaire de l’AMLFC,
le 10 septembre 2002, à Montréal
Madame la ministre,
Monsieur le maire,
Mesdames et messieurs des conseils, comités et de la permanence,
Chers amis, chers membres et invités,Je désire vous souhaiter la bienvenue, au nom de l’Association des médecins de langue française du Canada, au dévoilement de cette plaque commémorative qui veut témoigner de notre reconnaissance envers notre fondateur et en même temps souligner le 100e anniversaire de celle-ci.En dévoilant cette plaque, permettez-moi de rappeler quelques faits marquants de la vie et de l’oeuvre de l’initiateur du projet et premier président.Le docteur Michel-Adolphus Brochu est né à Saint-Lazare, dans le comté de Bellechasse, le 15 juillet 1853. Il était le second de trois fils de Pierre Brochu, cultivateur et marchand général, et de Mathilde Naud, dite Labrie.Le fondateur de l’Association sera le seul membre de cette famille de cultivateurs à se diriger vers les études supérieures et universitaires. En 1884, la faculté de médecine de l’Université Laval lui confie la chaire d’hygiène, la matière préférée des étudiants en médecine. Puis, après un voyage en Europe où il complète d’autres études, il devient titulaire, en 1890, de la chaire de pathologie interne.Quand, en 1900, il suggère la fondation d’une association regroupant l’ensemble des médecins francophones du continent nord-américain, le docteur Brochu est à l’apogée de sa carrière de clinicien et d’enseignant.En raison de sa connaissance de l’aliénation mentale, le docteur Brochu sera maintes fois invité à donner son avis lors de certains procès criminels. Ainsi, il participa, en tant qu’expert en 1922, à l’un des procès les plus célèbres de l’Histoire du Canada, celui de la belle-mère d’Aurore, « l’enfant-martyre ».Voilà quelques éléments qu’on retrouve dans le captivant livre relatant les cent ans d’histoire de l’AMLFC écrit par l’historien Guy Grenier, qui paraîtra très bientôt.Il convient ici de rappeler qu’en 1946, cette association allait modifier son nom pour adopter le nom actuel de Association des médecins de langue française du Canada (AMLFC).Je me permets d’insister sur le rôle essentiel de cet organisme qui rassemble depuis plus de cent ans, sur une base strictement volontaire, une aussi vaste mosaïque de notre collectivité médicale. Nous y retrouvons des étudiants, des résidents, des généralistes, des spécialistes, des médecins hommes et femmes pratiquant dans tous les milieux, toutes les régions canadiennes et même américaines.Nous sommes plus de 5 000. Nous offrons bien sûr des services de haut niveau, mais il convient d’insister sur les relations avec les organismes et pays étrangers et sur l’importance que nous attachons à rendre hommage, à reconnaître les réalisations des nôtres, en particulier lors du dîner-gala.Il y a aussi les congrès et colloques annuels, régionaux et internationaux, qui permettent de rafraîchir ses connaissances, mais surtout de favoriser l’usage de notre langue maternelle, le français.De nombreuses alliances internationales permettent de faire connaître au sein de la francophonie et des pays francophiles le dynamisme de notre communauté francophone nord-américaine.Un tel organisme ne peut traverser cent ans, surtout au cours d’un siècle particulièrement tumultueux, sans qu’il n’y ait une force, un dynamisme intrinsèques transmis de génération en génération.Ces brefs rappels veulent souligner l’importance que nous accordons à ce centième anniversaire. Nous vous exprimons notre gratitude pour votre présence parmi nous ce matin.Je vous remercie.